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La reprise qui s’impose : celle des luttes

lundi 24 août 2009

On nous annonce le début de la fin de la crise. Et pourtant, alors que la ministre de l’économie use de ses formules alambiquées pour convaincre d’une proche embellie, le gouvernement n’accorde pas de répit aux coups portés contre les travailleurs. Votée en plein mois d’août, la loi sur le travail du dimanche est non seulement un coup d’essai pour banaliser une journée jusqu’ici payée double dans certains secteurs, c’est aussi une attaque destinée à imposer une flexibilité accrue aux salariés sans rémunération supplémentaire. Autre mesure que le gouvernement ose proposer au nom de l’égalité homme-femme : la baisse des droits accordés aux mères de famille pour leur retraite. Actuellement, même avec les trimestres ajoutés par enfant à charge, celles-ci touchent en moyenne des pensions de 40 % inférieures à celles des hommes. Ce que le gouvernement veut supprimer est donc tout sauf un « privilège ». Enfin, il prépare une véritable flambée des factures EDF pour 3,4 millions de petits ménages, qui devront payer entre 10 et 20 % de plus, très loin du chiffre rassurant de 1,9 % annoncé au début de l’été.

Faire payer une facture très salée aux travailleurs, c’est donc le credo de la rentrée de Sarkozy et du gouvernement. Ils seront bien moins regardants sur les bonus des traders qui, eux, peuvent vraiment parler de reprise. Ceux de la BNP à eux seuls empochent un milliard alors que, rappelons-le, cette banque a touché plus de cinq milliards d’aides de l’Etat.

La déferlante des plans de licenciements

Pas de répit non plus pour les plans de licenciement. 74 000 suppressions d’emplois au deuxième trimestre 2009, plus de 800 chaque jour. Et la hausse du chômage n’est pas finie… C’est le ministre Laurent Wauquiez qui l’a annoncé, en prévoyant encore des mois d’aggravation du chômage, même en cas de « reprise » !

Des travailleurs ont continué à se battre pendant l’été contre les plans de licenciement. Ceux de Molex , à Villemur-sur-Tarn, font face à une direction, qui n’a pas hésité, en toute illégalité, à interdire l’accès de l’usine aux salariés. Depuis le 18 juillet, les salariés de Chaffoteaux dans les Côtes d’Armor oc-cupent leur usine. En juillet, ce sont les travailleurs de New Fabris, à Chatellerault qui ont fait parler d’eux en menaçant d’utiliser des bonbonnes de gaz et en s’adressant aux travailleurs des autres entreprises me-nacés par des plans « sociaux » et des fermetures de sites.

Face à ces réactions, le ministre Wauquiez se permet de dénigrer les revendications des travailleurs. Parlant de la prime de licenciement extra-légale ré-clamée dans plusieurs entreprises, il dit : « le chèque est un piège absolu ». Il explique : « cela ne fait pas vivre comme un emploi : 50 000 euros, ça peut partir très vite, en quelques mois et après ? ». Cela, tous les travailleurs le savent ! Bien sûr, les indemnités arrachées (bien souvent en dessous de 50 000 euros !) dans quelques entreprises ne sont pas mirobolantes, elles n’ont rien à voir avec les parachutes dorés des patrons. Mais surtout elles sont bien inférieures aux profits accumulés par ces patrons pendant des années sur le dos des travailleurs. Cela dit, les primes obtenues par les travailleurs de Continental ou d’autres permettent au moins de tenir quelque temps.

Expliquer qu’il vaut mieux avoir un vrai emploi qu’une prime, c’est indécent de la part d’un gouvernement qui laisse les patrons licencier en masse et qui organise des suppressions de postes massives dans les services publics.

Coordonnons nos luttes !

Dans le fond, ce qui gêne ce ministre, c’est que des travailleurs aient pu imposer à leur patron de payer, que leur lutte ait porté ses fruits, même partiellement. Il craint que cela fasse tâche d’huile et qu’au lieu de la résignation, ce soit la colère qui émerge du monde du travail.

La crainte du patronat et du gouvernement est plu-tôt un espoir. Car les travailleurs mobilisés, dans un mouvement d’ensemble, pourraient très bien imposer les mesures d’urgence nécessaires pour que ce soient les capitalistes qui fassent les frais de leur crise :
Interdiction des licenciements, maintien des emplois, augmentation des salaires de 300 euros.