La reprise qui s’impose, c’est celle des luttes !
lundi 17 août 2009
Proche, la fin de la crise ? C’est un peu la chanson de ces dernières semaines. Pour la ministre de l’économie, Christine Lagarde, pas de doute, c’est le début de la fin... Un ou deux indicateurs économiques un peu moins mauvais, une remontée de la Bourse, quelques pronostics un poil plus optimistes d’économistes, et le tour est joué... Bref, il faut encore subir quelques temps.... et attendre l’embellie à venir !
Pourtant, personne ne saurait vraiment dire combien va durer cette crise.
A qui vont les milliards de l’Etat ?
Oh, les affaires tournent plutôt bien pour certains. A la Bourse, il y a des heureux. Il y a bien certaines banques qui affichent le sourire : BNP Paribas annonce qu’elle a mis de côté un milliard d’euros pour les bonus de ses traders, et réalise un bénéfice en hausse sur le dernier trimestre de 1,6 milliards. Rappelons que cette banque a touché plus de cinq milliards d’aides de l’Etat. Une poignée de traders, et surtout d’actionnaires en voient aujourd’hui la couleur !
La déferlante des plans de licenciements
Par contre, les plans de licenciement n’ont marqué aucune pause, aucune trêve de l’été. Il y a eu 74 000 suppressions d’emplois au deuxième trimestre 2009, plus de 800 chaque jour. Et la hausse du chômage n’est pas finie... C’est le ministre Laurent Wauquiez qui l’annonce, au Journal du Dimanche , en prévoyant encore des mois d’aggravation du chômage, même en cas de « reprise » !
Les réactions des travailleurs
Des travailleurs continuent à se battre pendant l’été face aux plans de licenciements. Ceux de Molex à Villemur-sur-Tarn, près de Toulouse, font face à une direction qui n’a pas hésité, en toute illégalité, à interdire l’accès de l’usine aux salariés. Les 352 salariés de la Manufacture françaises de sièges, dans la Somme, occupent toujours leur usine, en liquidation judiciaire. En juillet, ce sont les travailleurs de New Fabris, à Chatellerault qui ont fait parler d’eux en menaçant d’utiliser des bonbonnes de gaz et en s’adressant aux travailleurs des autres entreprises menacés par des plans « sociaux » et des fermetures de sites.
Les craintes du ministre
Face à ces réactions, le ministre Wauquiez se permet de dénigrer les revendications des travailleurs. Parlant de la prime de licenciement extra-légale réclamée par les travailleurs dans plusieurs entreprises, il dit : « le chèque est un piège absolu » . Il explique : « cela ne fait pas vivre comme un emploi : 50 000 €, ça peut partir très vite, en quelques mois, et après ? » . Cela, tous les travailleurs le savent ! Bien sûr, les indemnités arrachées (souvent bien en dessous de 50 000 € !) dans quelques entreprises ne sont pas mirobolantes, c’est vrai.... elles n’ont rien à voir avec les « parachutes dorés » des patrons. Mais surtout elles sont bien inférieures aux profits accumulés par ces patrons pendant des années sur le dos des travailleurs. Ceci dit, les primes qu’ont pu obtenir les travailleurs de Continental ou d’autres permettent au moins de faire la jointure avec la retraite pour les plus anciens et de tenir quelques temps.
Et expliquer qu’il vaut mieux avoir un vrai emploi qu’une prime, c’est indécent de la part d’un gouvernement qui laisse les patrons licencier en masse et qui organise des suppressions de postes massives dans les services publics.
Coordonnons nos luttes !
Dans le fond, ce qui gêne ce ministre, c’est que des travailleurs aient pu imposer à leur patron de payer, que leur lutte ait porté ses fruits, même partiellement. Il craint que cela puisse faire tache d’huile et qu’au lieu de la résignation, ce soit la colère qui émerge du monde du travail. Que les travailleurs menacés de licenciements se mettent à coordonner leur lutte.
La crainte du patronat et du gouvernement, c’est plutôt un espoir. Car les travailleurs mobilisés, dans un mouvement d’ensemble, pourraient très bien faire reculer l’ensemble du patronat et imposer les mesures d’urgence qui s’imposent pour que ce soit les capitalistes qui fassent les frais de leur crise : interdiction des licenciements, maintien des emplois, augmentation des salaires de 300 €.