Le 7 juin, votons pour l’Europe des travailleurs, mais surtout, préparons-nous à la riposte d’ensemble
lundi 1er juin 2009
Finalement, après deux mois et demi de lutte, les travailleurs de chez Continental de Clairoix ont obtenu une prime de départ « extra-légale » de 50 000 euros net (alors que le patron licencieur n’en proposait au départ que 17 000), sans compter le maintien d’au moins 75 % du salaire jusqu’en 2014. Bref, leur coup de colère et leur détermination, à eux seuls (1120 salariés), leur a permis d’arracher cette première victoire. Une victoire quand même relative : quand un patron se fait licencier, comme le PDG de la Société générale Daniel Bouton, il obtient, lui, une retraite de 730 000 euros par an (soit 2000 euros par jour) jusqu’à sa mort ! Et les Conti vont quand même perdre leur emploi (sans retraite dorée !). C’est pour cela qu’ils ne comptent visiblement pas en rester là. Dès ce mardi 2 juin ils vont manifester avec leurs camarades de Goodyear d’Amiens, dont le patron vient d’annoncer le licenciement de 820 personnes sur 1400 salariés.
Car ces temps-ci, où chaque semaine on nous annonce de nouveaux plans de licenciements, nous sommes tous des Conti, des Goodyear, des Caterpillar… en sursis. Et au-delà des primes de départ et autres concessions que chacun pourra difficilement arracher dans son coin, il est évident qu’il nous faudra riposter tous ensemble pour avoir la force de changer les règles du jeu et les interdire, ces licenciements !
Il n’a pas manqué de luttes ces derniers mois. Mais il a manqué une volonté politique d’agir tous ensemble, pour une grève générale. Sans cette riposte d’ensemble, dans ce contexte de crise que tous comparent à celle des années 1930, les dirigeants du monde capitaliste s’échinent à ravaler les travailleurs de la planète à des conditions de vie d’un quart monde. A commencer par ceux d’Europe.
Pour obtenir nos suffrages dimanche prochain, autant l’UMP de Sarkozy que le Parti socialiste de Aubry, ou le Modem de Bayrou, nous chantent que nous ne devrions pas avoir « peur de l’Europe ». Mais il y a leur Europe et la nôtre. Leur Europe est celle des actionnaires des grands trusts et leurs multiples sous-traitants. Licenciements partout ! Pressions sur les salaires et les retraites partout, même dans les pays oùles salaires sont dix fois moindres qu’en France ou en Allemagne. Les brigands s’appellent Continental, Renault, PSA, Fiat, Volkswagen ou Opel… et les gouvernements, de gauche comme de droite, sont leurs larbins.
Notre Europe est tout autre, c’est celle de 300 millions de travailleurs en activité ou condamnés au chômage (sur une population totale de 490 millions), qui représentent une force potentielle irrésistible pour les luttes à venir, quand la mobilisation blackboulera enfin les critères de rentabilité capitaliste et permettra :
- de lever le secret bancaire par le contrôle des salariés sur les comptes et mouvements financiers des trusts et des banques,
- d’imposer des embauches massives en utilisant les milliers de milliards versés aux patrons par les Etats, aujourd’hui destinés à la minorité des profiteurs, à des investissements socialement utiles,
- d’aligner par le haut les conditions de salaires et de travail de tous les pays d’Europe, augmentation de 300 € mensuels, pas de salaire ni retraite à moins de 1500 euros pour tous,
- de contrôler la destination des investissements pour empêcher les mafias industrielles de polluer et saccager l’environnement tout en ruinant les populations locales, en Europe comme ailleurs.
Dans ces élections européennes du 7 juin prochain, les seuls votes qui peuvent être utiles aux travailleurs sont ceux qui se porteront sur les candidatures d’extrême gauche, soutenues par Olivier Besancenot ou Arlette Laguiller, parce qu’ils exprimeront la confiance dans nos propres luttes, seul moyen d’imposer et faire aboutir un plan de sauvegarde vital, et la volonté de les faire converger dans un mouvement d’ensemble..