Convergences révolutionnaires

Site de la fraction L’Étincelle

Accueil > Éditos de bulletins > Pour l’unité… dans les luttes !

URL : https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Pour-l-unite-dans-les-luttes

Pour l’unité… dans les luttes !

lundi 11 mai 2009

Les inégalités en France se creusent toujours plus. Cela, nous le savons tous, mais un rapport officiel de l’Insee (Institut national de la statistique) vient de le confirmer une fois de plus. Par ailleurs, les annonces de chômage partiel, de licenciements et de fermetures d’entreprises continuent à rythmer l’actualité, créant quelque 3 000 chômeurs de plus chaque jour.

Paroles, paroles…

Face à cela, les principaux partis de gauche se contentent de vague paroles. Ils se sont fendu d’une déclaration commune à la veille du 1er Mai pour constater que « cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays » , et en conclure qu’il leur fallait être « aux côtés de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire » et obtenir « les changements de cap politiques nécessaires ». Mais pas question pour eux de proposer la moindre revendication sérieuse : ni l’interdiction des licenciements, ni une répartition du travail sans diminution de revenu, à financer sur les profits accumulés depuis des années, ni une augmentation générale et substantielle des salaires. Et ils n’évoquent surtout pas les moyens qu’une véritable « mobilisation populaire » devra se donner pour arracher au patronat et au gouvernement ces mesures de sauvegarde essentielles au monde du travail confronté à l’aggravation de la crise : un mouvement d’ensemble, une grève générale.

Les « changements de cap politiques » que la gauche nous promet c’est, encore et toujours, son hypothétique succès électoral. Avec en ligne de mire les élections présidentielles de 2012 et ses ambitions de retour au pouvoir. Patientez d’ici là. En attendant, la voilà qui nous invite surtout à la mobilisation vers les urnes des prochaines élections européennes, sur un programme, quoi qu’elle en dise, guère différent de celui de Sarkozy, en tout cas sans aucune mesure concrète en faveur des travailleurs.

L’unité au rabais des confédés

Côté syndical, l’autosatisfaction semble être de mise. Réunies au lendemain d’un 1er Mai qualifié d’ « historique » , les 8 principales confédérations syndicales ont estimé que « le gouvernement et le patronat auraient tort de […] traiter par le déni et le mépris » les revendications des salariés, des demandeurs d’emploi et des retraités. C’est pourtant ce qu’ils font, et cela ne date pas d’hier ! Mais les syndicats se contentent de leur demander gentiment de « prendre en compte […] inquiétude, désarroi et profond sentiment d’injustice » qu’auraient révélés les dernières manifestations.

Quant à la fameuse « unité » dont se félicitent les directions syndicales, c’est celle de s’en tenir au plus petit dénominateur commun entre elles : une journée d’action tous les deux ou trois mois. Et encore ! Au lendemain du 1er mai elles ne se sont entendues que sur des actions en ordre dispersé : des « mobilisations décentralisées » , comme elles disent, pour le 26 mai prochain et des manifestations le 13 juin, un samedi pour éviter d’appeler à la grève. Pas de quoi faire trembler le patronat.

L’unification des luttes des salariés

Plus que de l’inquiétude ou du désarroi, c’est de la colère et une volonté de se battre qu’a révélées l’ampleur des manifestations du 29 janvier et du 19 mars et qu’on a pu voir dans certains cortèges du 1er Mai. C’est la volonté de lutter, de faire céder le patronat que montrent les grèves qui se succèdent ces dernières semaines à Toyota, Continental, Caterpillar et ailleurs.

Et avant, comme depuis, une fraction des travailleurs a commencé à montrer sa détermination à ne pas accepter de payer les frais de la crise. Avec, ici ou là, de premiers succès, au moins partiels. C’est avec et autour d’eux qu’il faut s’unir, faire converger notre colère et notre combativité, quitte à contraindre les confédérations, unies ou pas, à suivre le mouvement. Oui, il va falloir unifier nos luttes locales vers une seule tempête sociale, vers la grève générale. Seule cette unité-là, celle des luttes, pourra nous assurer la victoire contre les licenciements, les suppressions de postes, la précarité et les bas salaires.