Pour que le 19 mars annonce une mobilisation à l’antillaise !
lundi 9 mars 2009
Après 6 semaines de grève générale, les travailleurs de Guadeloupe ont arraché 200 euros mensuels d’augmentation des salaires. Autre chose que les reculs cautionnés par des années de discussions entre « partenaires sociaux ». Preuve est encore donnée que la lutte paie.
Elle paie, lorsque les travailleurs affichent leur détermination, se donnent une organisation qu’ils portent et contrôlent, et maintiennent une pression permanente sur les patrons, même et surtout pendant les nombreuses séances de négociations qui ont rythmé la grève.
Dès le dernier week-end de février, pressés d’en finir, préfet, recteur d’académie, politiciens locaux de toutes couleurs confondues, appelaient à la fin de la grève, en martelant que la principale revendication était entérinée, malgré la politique de la chaise vide du Medef. Mais le LKP (collectif d’organisations qui a décidé et dirigé le mouvement) a maintenu son mot d’ordre de grève jusqu’au mercredi 4 mars, tant que l’ensemble des revendications n’avait pas été examiné et un protocole d’accord définitivement signé. Et pour enfoncer le clou, les grèves ont continué dans les secteurs affiliés au Medef. Mais ses bastions tombent un par un et ils finiront bien tous par céder devant la principale revendication des grévistes...
Le gouvernement, de son côté, a publié samedi dernier au journal officiel sa volonté d’étendre l’accord signé à toutes les entreprises du privé de la Guadeloupe. C’est qu’il y a urgence à étouffer un incendie qui peut se propager.
L’exemple des Antilles trotte dans la tête de bien des travailleurs du pays, dans un contexte social pour le moins tendu. Chaque jour amène ses plans de licenciements, le gouvernement annonce 300 000 chômeurs de plus en 2008 et l’année 2009 se prépare à être pire.
Ici notre riposte n’est pas encore à la hauteur des besoins. Les confédérations syndicales ont attendu pratiquement deux mois après la journée de grève du 29 janvier pour programmer l’indispensable nouvelle étape de mobilisation, celle du 19 mars. Elle est pour la semaine prochaine, et n’en déplaise à tous ceux, de Nicolas Sarkozy à Martine Aubry, qui ont exprimé leur crainte que la colère qui a éclaté en Guadeloupe et Martinique ne se propage ici, elle aura bel et bien lieu sur fond de victoire et leçons de nos camarades antillais.
Ici, le ras-le-bol est présent, qui s’exprime aujourd’hui dans plusieurs conflits, pour l’instant isolés les uns des autres. Celui des enseignants-chercheurs loin d’être satisfaits des récentes négociations, celui des salariés des magasins Lapeyre en région parisienne, en grève depuis plus d’une semaine pour des augmentations de salaires, celui des salariés de l’équipementier automobile Préciturn qui ont occupé les locaux de la banque RSB à Lyon pour lui faire payer les factures dues, celui de postiers dans la région parisienne entre autres, et d’une multitude de salariés qui tentent de résister à des fermetures ou licenciements qui vont les laisser sur le carreau.
Le ras-le-bol est d’autant plus justifié que Sarkozy et son équipe continuent à arroser le patronat, à l’aide de sommes faramineuses puisées dans les caisses de l’Etat. A nouveau 26 milliards, avec une rallonge de 7,8 milliards d’euros pour les constructeurs automobile. Mais rien pour les travailleurs, rien pour le Smic, rien pour ceux qui perdent leur emploi voire leur logement.
La grève en Guadeloupe montre qu’il faut du courage et de la détermination pour faire reculer le patronat et le gouvernement. Il n’y a pas d’autre voie, mais c’en est une. Il faut que la journée du 19 mars soit un succès et le début d’un mouvement « à l’antillaise ».
Nous aussi, posons nos revendications, celles qui unifient tout le monde du travail : 300 euros d’augmentation nets pour tous, interdiction des licenciements, embauches dans les services publics et contrôle des travailleurs sur la destination des centaines de milliards de cadeaux au patronat.
Nous aussi resserrons les liens entre nous. En nous retrouvons le 19 mars, avec ceux des entreprises déjà en lutte, et plus nombreux encore dans la rue que le 29 janvier. En envisageant dès aujourd’hui la suite. En faisant de cette journée un tremplin pour une riposte générale. C’est nécessaire et possible.