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An nou fè kon twavayé Gwadloup !

lundi 9 février 2009

Eh oui, Faisons comme les travailleurs de la Guadeloupe ! Ici, ce serait bien le moment. Après l’énorme succès des manifestations du 29 janvier, Sarkozy a attendu une semaine pour prendre la parole. Les seules mesures concrètes annoncées l’ont été en faveur du patronat, avec la suppression de la taxe professionnelle. Le matin même, le Medef en avait émis le souhait : aussitôt souhaité, aussitôt exaucé ! Après les milliards trouvés pour secourir les banques, cette nouvelle mesure coûtera au bas mot 8 milliards d’euros à l’Etat, dont seront privées les collectivités territoriales. Par contre, Sarkozy a tenu à montrer qu’il n’était pas question de céder aux revendications salariales. Il maintient le cap vers ce qu’il appelle des « réformes », autrement dit toute une série d’attaques envers les travailleurs. Le chômage ne cesse d’augmenter, mais l’Etat va continuer à supprimer des emplois, puisqu’un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé. Quant à l’augmentation du Smic, Sarkozy a osé affirmer qu’il n’en était pas question et qu’ « après tout, cela ne concerne que 17 % des salariés ».

Une suite au 29 janvier

Sarkozy convie les syndicats à une journée de discussion le 18 février, pour mettre au point un « agenda social 2009 ». Il veut gagner du temps, et empêcher qu’une suite au 29 janvier ne soit immédiatement annoncée. Il espère occuper les directions syndicales en les faisant discuter de sujets qu’il aura lui-même préalablement choisis. Il est évident qu’il n’a rien à proposer, sinon de continuer à faire payer la crise par les classes populaires. Il est tout aussi évident qu’il faut donner une suite au 29. Selon une étude CSA, 61 % des Français souhaiteraient que les syndicats « appellent à poursuivre la mobilisation » ! Nous savons tous qu’une journée d’action isolée ne suffit pas à faire reculer un gouvernement.

De fait, la suite de la mobilisation du 29 a peut-être déjà démarré. Dans les universités, enseignants-chercheurs et étudiants ont commencé à se mobiliser. Des manifestations ont rassemblé de 36 000 à 50 000 personnes jeudi dernier, et de nouvelles manifestations sont prévues ce mardi. Dans le privé, ici et là, des grèves éclatent, comme à Lear, fournisseur de sièges pour PSA, ou à NextiraOne France, ancienne filiale d’Alcatel.

La Guadeloupe et la Martinique donnent l’exemple

Mais c’est surtout en Guadeloupe qu’est donné l’exemple à suivre : depuis le 20 janvier, l’île est paralysée par une grève générale contre la vie chère. Les travailleurs réclament une baisse immédiate de 50 centimes sur le prix des carburants, la titularisation des travailleurs précaires et des intérimaires, le gel des augmentations de loyers, la baisse du prix de l’eau, de l’électricité, des transports et des produits de première nécessité, et surtout une augmentation de 200 euros des salaires, des retraites et des minima sociaux.

Malgré les manœuvres du ministre de l’Outre-mer Yves Jégo qui, tente de jouer les médiateurs sur place (mais vient de se ridiculiser en rentrant précipitamment en France), le collectif « Liyannaj kont pwofitasyon » (Alliance contre l’exploitation outrancière) qui dirige le mouvement, maintient ses exigences. Après les promesses du gouvernement de geler l’implantation de nouvelles stations services, les gérants ont cessé le mouvement, mais pas leurs employés. Car la force des travailleurs, c’est la grève. Alors que la grève se poursuit justement en Guadeloupe, le mouvement vient de démarrer jeudi 5 février en Martinique. Si Sarkozy s’est bien gardé de faire référence à ces luttes d’outre-mer jeudi soir, ce n’est peut-être pas seulement par mépris, mais surtout par crainte de la contagion !

Ici aussi nous connaissons la vie chère et la précarité des emplois. L’idée d’une grève générale en France inquiète le gouvernement, la ministre de l’économie Christine Lagarde a fait savoir qu’elle considérait les troubles sociaux comme « un risque majeur » de la situation actuelle. A bon entendeur… Si les syndicats tardent à prévoir un calendrier de mobilisation, à nous d’en décider !