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« Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes »

lundi 20 octobre 2008

Des caisses de l’Etat qu’ils nous disaient vides, Sarkozy et sa clique ont réussi à promettre aux banques de sortir jusqu’à quelque 400 milliards d’euros. Un sacré paquet pour couvrir les frasques des banquiers, tandis que les ministres retournent leurs poches pour montrer qu’elles sont vides pour les besoins en logements, transports, santé ou éducation. Face au krach financier mondial, les grands Etats ont trouvé immédiatement les mêmes sommes faramineuses, au total quelque 2 000 milliards d’euros. Du blé, beaucoup de blé. De notre côté, prenons-en de la graine.

Les gouvernants veulent faire croire que nous serions tous dans la même galère, que si leur système financier s’écroule, nous coulerons avec. Il faudrait donc que nous applaudissions aux centaines de milliards qu’ils déboursent. Mais ils se gardent bien de préciser que leur « sauvetage » consiste à nous balancer les uns après les autres, d’une façon ou d’une autre, par-dessus le bastingage. Un accéléré de ce qui a commencé il y a déjà 20 à 30 ans.

La « crise financière » a bon dos. Les dirigeants de l’Etat expliquent déjà que les sommes hallucinantes qu’ils ont dû garantir aux industriels et banquiers les obligent à rogner encore sur le « social » ou les services publics. Les patrons expliquent déjà que leurs difficultés de trésorerie et le rétrécissement des marchés les obligent à réduire encore les effectifs et écraser les salaires. Et tant pis si on s’enfonce dans un système où l’aide-soignante qui élève seule 2 enfants avec son salaire de 1 750 euros est imposable tandis que des patrimoines supérieurs à 15,5 millions d’euros échappent à toute imposition ! Tant pis s’il n’a jamais été question d’éponger les dettes des 2 millions de travailleurs en état de surendettement, tandis que la banqueroute des organismes financiers est comblée pour des sommes sans commune mesure. Et c’est nous travailleurs qui devrions payer cette énorme facture, tandis que les gros actionnaires, en dormant, font du fric… ou des pertes que l’Etat éponge ? Il faut en finir de ce système d’exploitation, dont la banqueroute économique aura immanquablement des conséquences politiques. N’oublions pas que la crise de 1929 à laquelle beaucoup comparent la crise actuelle, a conduit à la misère de toute la classe ouvrière mais aussi, pour la sauvegarde des profits, au fascisme et à la guerre.

Ce ne sont pas les actuels dirigeants de la gauche, PS et Verts en tête, ou dirigeants syndicaux nationaux, qui nous offrent une quelconque perspective. Au parlement, les députés socialistes se sont abstenus de voter le plan anticrise de Sarkozy, mais n’ont pas voté contre, car ils sont d’accord sur l’essentiel. La gauche au mieux évoque la création d’un grand pôle bancaire public. Fort bien, mais qui le mettrait en œuvre et comment ? Sarkozy ? Un futur gouvernement de gauche à Pâques ou la Saint-Glinglin ?

Certes, face à l’opacité et la faillite du système financier et économique, il serait urgent et indispensable de mettre cartes sur table, d’ouvrir tous les comptes, d’établir un bilan général des pertes et profits, de bousculer les sacro-saints secrets bancaires et commerciaux, ce qui permettrait au monde du travail d’exercer son propre contrôle sur l’économie et ses priorités en fonction des besoins les plus urgents de la population. Ce serait le plan nécessaire pour sauver non pas les grands patrons et leurs financiers, mais sauver le monde du travail.

Et qui est en situation de faire ce bilan et de dresser ce plan, si ce n’est les travailleurs, nous tous qui sommes aux leviers de cette société, au cœur des entreprises industrielles et bancaires, les millions qui faisons tourner la boutique ? Il nous revient d’assurer au plus vite ce grand époussetage. Quitte à exproprier les grands patrons de l’industrie et de la finance récalcitrants. Ce programme est devant nous, qui inclut évidemment nos revendications d’augmentation générale des salaires et d’interdiction des licenciements.

La colère existe et s’exprime dans le monde du travail. On l’a constaté récemment dans l’automobile contre les licenciements ou dans l’éducation ce dimanche contre les économies sur le dos des gosses. Il faut que cette colère devienne mobilisation générale, épreuve de force qui nous mettra en situation d’imposer nos propres règles du jeu.