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Licenciements dans l’automobile, nous sommes tous concernés

lundi 8 septembre 2008

La direction de Renault vient d’annoncer 4 000 suppressions d’emplois : 3 000 parmi les techniciens et ingénieurs des centres techniques et usines du groupe, 1 000 parmi les ouvriers de l’usine de Sandouville. Et elle évoque d’autres fournées, notamment à Renault-Flins.

Le groupe Peugeot-Citroën (PSA) de son côté, qui avait devancé son concurrent en supprimant 4 800 emplois en 2007 dans ses centres techniques, a réduit de 900 les effectifs de son usine d’Aulnay à la veille de l’été. Essentiellement par le licenciement d’intérimaires. Il vient d’annoncer encore 700 suppressions d’emplois à Poissy et 1000 à Rennes.

Il y aurait moins de travail ? Que non ! S’il en est un exemple, c’est bien celui des sites Renault qui ont récemment défrayé la chronique avec une série de suicides, dus en grande partie à la surcharge de travail et aux pressions constantes exercés sur les ouvriers et techniciens.

L’automobile serait en crise ? Que non ! Les baisses de ventes au mois d’août ou les moindres succès ces derniers mois de la Renault Laguna, parce que le prix de l’essence ferait mieux vendre les petites cylindrées, ont bon dos. Sur l’ensemble des huit premiers mois de l’année 2008, les ventes de voitures neuves en France ont au contraire augmenté de 2,2 % par rapport à la même période de 2007, et même de 4 % pour les ventes des deux marques françaises.

Les bénéfices seraient en dégringolade ? Au contraire ! Pour le seul premier semestre 2008, ceux de Renault se montent à 1 580 millions d’euros (20 % de plus en un an) ; ceux de PSA à 733 millions (49 % de plus). Les dividendes versés par Renault à ses actionnaires depuis 2000 ont été presque multipliés par 5… Ce n’est pas le cas des salaires !

Mais Carlos Ghosn est arrivé à la tête du groupe Renault en 2005 grâce à sa réputation de « tueur de coûts » . Il en avait gagné les galons cinq ans plus tôt, lors de la fusion de Renault et Nissan, en tant que représentant du groupe au Japon, où il fermait 5 usines et supprimait 21 000 emplois.

Que l’un des trusts les plus prospères annonce en cette rentrée sociale plusieurs milliers de suppressions d’emplois, est bien éloquent ! Au point que cela dérange un peu le secrétaire d’Etat à l’emploi qui fronce les sourcils : « Il est hors de question de laisser des grands groupes comme Renault qui ont des moyens, détruire des emplois… » , a-t-il déclaré. Mais pour s’empresser de mettre cela sur le dos des délocalisations.

Certes, la politique de Renault, Peugeot et autres patrons français n’est pas seulement d’exploiter à outrance ici, par les réductions d’effectifs, l’intensification des tâches et l’allongement du temps de travail, la précarisation et la baisse des salaires, et demain les heures supplémentaires obligatoires. Voilà belle lurette que les constructeurs automobiles investissent et exploitent tous les continents. Nous les travailleurs, l’exemple de la grève victorieuse à Renault-Dacia en Roumanie pour les salaires le montre, pouvons y trouver des alliés. Et si Renault vise désormais une nouvelle implantation à Tanger au Maroc, gare aux retours de bâton contre sa politique !

Nos ennemis, ce sont ces PdG, actionnaires toujours plus goulus, aidés par le gouvernement et son train de lois récentes précisément destinées à réduire ce qui est versé en salaires : loi sur le temps de travail qui bat en brèche les 35 heures, loi sur le « marché du travail » qui facilite les ruptures de contrats et dont Renault se sert.

L’annonce des milliers de suppressions d’emplois dans l’automobile est une sévère attaque. Elle ne concerne pas le seul secteur de l’automobile. Elle nous concerne tous. Car pour accroître les profits, les dividendes des actionnaires, c’est dans tous les secteurs que le patronat réduit les effectifs, multiplie les emplois précaires, les temps partiels sous-payés et bloque les salaires. L’Etat fait de même dans les services publics, comme à la Poste qu’il s’apprête d’ailleurs à céder aux appétits privés.

Nous sommes tous visés. Les licenciements et les suppressions d’emplois orchestrés en haut lieu, grossissent le nombre des chômeurs, des travailleurs précaires et plus mal payés, de tous ceux qui ne peuvent plus vivre d’un salaire. C’est tous ensemble, qu’il va falloir riposter.