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Rira bien qui rira le dernier

lundi 7 juillet 2008

« Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit » , s’est félicité rigolard Sarkozy, ce samedi, devant un parterre de groupies de l’UMP… ceux-là mêmes qui pleurent sur la « prise en otage » des usagers au moindre mouvement des postiers ou des cheminots !

Les principaux dirigeants de la gauche et des confédérations syndicales n’ont rien trouvé de mieux que de regretter que la provocation pourrait – horreur ! – inciter les travailleurs à des mouvements plus durs… Pour le secrétaire de la CFTC : « L’attitude très responsable des partenaires sociaux pour développer le dialogue social afin d’éviter les conflits est battue en brèche par les propos (...) du président de la République » . Dans le même sens, Maryse Dumas de la CGT craint qu’ « on risque de rentrer dans une spirale dangereuse pour le pays » .

Que tout ce beau monde rie, pleure ou pleurniche ! Face à la dernière provocation de Sarkozy, nous savons ce qui nous reste à faire. Les travailleurs devront repasser à l’offensive. Et ce qui s’impose, c’est donc une grève qui s’apercevrait... Parce qu’elle mettrait en branle le plus grand nombre de travailleurs, en faisant converger les luttes sur des revendications concernant toute la classe ouvrière. Un tel mouvement d’ensemble aurait la force de faire reculer les mauvais coups de Sarkozy. Ce serait le meilleur des démentis !


La population colombienne, otage de l’impérialisme

Avec la libération d’Ingrid Betancourt, on nous présente la Colombie du président Uribe comme une « démocratie modèle ». On parle moins de la situation de la population colombienne. Sur les 44 millions de Colombiens, 29 millions vivent dans l’extrême pauvreté. La faim touche plus de 5 millions de personnes. La moitié des Colombiens n’a pas l’eau potable et n’ont pas accès aux soins médicaux.

A la misère, il faut ajouter une véritable guerre civile qui dure depuis la terrible répression qui avait fait 400 000 morts suite au soulèvement populaire en 1948. C’est face à cela que s’étaient constituées des armées de guérilla dans les campagnes, dont les FARC. De 2002 à 2004, durant les deux premières années du mandat du président actuel, Alvaro Uribe, on a compté 10 000 assassinats ou disparitions. Depuis le milieu des années 1990, se sont développées des bandes paramilitaires qui travaillent en étroite collaboration avec l’armée gouvernementale. Ces paramilitaires sont aujourd’hui responsables de 76% des assassinats. Ils ont fait disparaître au moins 15 000 personnes et le pays compte 4 millions de déplacés. La répression s’exerce en priorité contre les militants. Plus de 2 500 syndicalistes en ont été victimes au point que l’Organisation Internationale du Travail a pu parler d’un «  génocide syndical  ». Depuis le début de cette année, 28 syndicalistes ont été assassinés.

La violence d’Etat est présentée comme une guerre contre le terrorisme et le trafic de drogue. Mais la terreur gouvernementale ne recule pas. Quant au trafic de drogue, il continue de prospérer. Il faut dire qu’Uribe a été lui-même lié aux narco-trafiquants : un rapport d’une agence gouvernementale américaine le présentait en 1991 comme «  un politicien et sénateur colombien qui se consacre à la collaboration avec le cartel de Medellin à un haut niveau gouvernemental  » !

Lié aux trafiquants, le régime d’Uribe est surtout à la botte des USA. C’est que l’Armée et les paramilitaires travaillent essentiellement pour les grandes compagnies américaines qui contrôlent toute l’économie du pays. C’est au compte des trusts de l’agro-alimentaire que les paramilitaires ont exproprié les paysans sur plus de 6 millions d’hectares de terres. C’est cela qui explique le « Plan Colombie », une aide militaire de 5 milliards de dollars lancée en 2000 par les USA.

La vraie libération pour les Colombiens, ce serait d’en finir avec cette société d’exploitation qui soumet les peuples aux trusts des grandes puissances, la Colombie et bien d’autres aux USA comme une partie de l’Afrique à la France. Mais cette libération-là ne pourra être que l’œuvre des travailleurs et des peuples eux-mêmes.