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Sarkozy et sa bande manquent d’éducation, mettons-les à la redresse !

lundi 31 mars 2008

La semaine dernière, pendant que le couple Sarkozy roulait carrosse chez la reine d’Angleterre, une révolte montait en France… Après les étudiants, les juges, les cheminots et les marins pêcheurs, c’est au tour des profs et des lycéens de montrer les dents.

Leur mouvement a d’abord commencé par une journée de grève dans l’Education nationale, le mardi 18 mars. Depuis, dans des dizaines de collèges et de lycées, particulièrement dans la banlieue parisienne, de nombreux enseignants ont refusé de reprendre sagement le travail, comme le leur proposaient les directions syndicales en vue, tout occupées à privilégier le « dialogue social » avec un ministre qui ne répond pourtant à aucune de leurs revendications.

Des profs ont donc décidé de prendre les choses en mains. Et ils ont trouvé le soutien de lycéens, qui sont entrés dans la danse en bloquant leurs établissements et en manifestant de plus en plus nombreux : quelque 8000 jeudi dernier à Paris, qui se sont à nouveau donné rendez-vous cette semaine. Des parents d’élèves commencent à s’y mettre, en organisant des réunions et des journées « école morte ». Il n’y a rien d’étonnant à ce que les profs en grève trouvent le soutien de lycéens et de parents : il ne s’agit pas seulement de leurs emplois et conditions de travail, mais des conditions d’étude des jeunes.

Des classes trop pleines…

Ce que trame le gouvernement c’est un gigantesque plan « social », la suppression de 11 800 postes d’enseignants dans les collèges et les lycées dès cette année, puis de 18 000 à 20 000 chaque année pendant quatre ans. Soit un total prévu de 80 000 profs en moins, 15 % de la profession rayée de la carte !

Ces profs en moins, cela signifiera concrètement des classes aux effectifs de plus en plus nombreux, de 35 voire 40 élèves. Dans ces conditions, pour apprendre à lire, comprendre les maths ou parler l’anglais, les gosses auront bien du mérite ! Quant aux classes difficiles, et pour les élèves en difficulté, adieu les plus petits groupes de travail et le vrai suivi de chaque gamin.

Pourtant, déjà maintenant, les conditions ne sont pas idéales pour permettre aux jeunes de progresser. 150 000 d’entre eux sortent d’ailleurs chaque année du système scolaire sans le moindre diplôme, sur un constat d’échec ! Mais que l’école soit déjà malade ne semble guère angoisser ceux qui nous gouvernent, puisqu’ils veulent lui imposer une nouvelle saignée, encore jamais vue.

… des caisses pourtant pas vides.

C’est qu’ils considèrent que les gosses d’ouvriers et d’employés ne méritent pas que l’Etat dépense trop d’argent pour leur éducation… Les caisses seraient vides ? C’est une farce de Sarkozy ! Elles ne sont pas vides pour tout le monde. Chaque année l’Etat verse sans contrepartie 60 milliards d’euros de subventions aux grandes entreprises, qui pourtant font de juteux profits depuis des années. Ces 60 milliards sont précisément l’équivalent du budget de l’Education nationale ! A cette perfusion de gros sous aux entreprises – et surtout à leurs actionnaires – se sont ajoutés l’été dernier les 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux qui ont surtout servi à engraisser davantage les nantis. Les salariés eux, s’ils veulent compenser la dégradation de l’école publique par des cours particuliers à leurs gosses, n’ont qu’à payer de leur poche… Et tant pis pour les familles qui n’en ont pas les moyens !

Une hémorragie de postes dans l’école publique, dans les hôpitaux, la poste ou les transports. Une hécatombe dans le privé – on nous annonce encore 600 emplois de moins à Arcelor Gandrange. Les milliers de lycéens qui descendent dans la rue pour leur droit aux études aux côtés de leurs profs, comme ils défendaient leur droit à de vraies embauches à l’époque du CPE, méritent le soutien actif de tous les travailleurs.

Parents licenciés, enfants sacrifiés, ça ne peut plus durer, ça doit péter !