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Les sales tours du « dialogue social »

lundi 14 janvier 2008

Leaders syndicaux et patronat ont achevé, vendredi 11 janvier, au siège du Medef, leur négociation sur la « modernisation du marché du travail ». Au menu, 24 pages où les franches attaques sont à peine maquillées par quelques mesurettes censées apporter la « sécurité » aux employés.

Allongement de la période d’essai

En fait, la première source d’insécurité au travail, celle d’être licencié, se trouve confortée. On nous ressort du chapeau un allongement de la période d’essai qui devient en outre renouvelable ! Elle pourra durer de quatre à huit mois selon les catégories, ouvriers ou cadres. Autrement dit, on nous réintroduit le CPE par la bande, celui que les étudiants avaient fait remballer, mais cette fois pour tous les salariés !

Licenciement « à l’amiable » ? Tu parles !

Le licenciement proprement dit pourrait s’effectuer «  par consentement mutuel  », mais sans recours juridique possible. On nous parle de « licenciement à l’amiable  »… comme cela s’est passé pour les salariés du fabricant de skis Salomon ? Là où la récente annonce de leur licenciement ne s’est pas encombrée de formalités ? Quant aux employés de la régie de publicité de France Télévision c’est en direct télévisé, de la bouche de Sarkozy, qu’ils ont appris la fin de leur boulot. Ce prétendu « consentement mutuel », c’est une vaste blague : au cours de ces négociations, le fameux front syndical unitaire a bien été incapable de rejeter ces mauvais coups. Un salarié, lui, aurait seul le rapport de force suffisant pour négocier un aimable licenciement ?

Un CDI devenu CDD, en plus précaire

Pour parachever la flexibilité, le Medef propose un nouveau type de contrat, le «  contrat de projet  ». C’est-à-dire un CDI… à durée déterminée ! En clair, si la mission pour laquelle on est embauché est effectuée avant le terme du contrat, celui-ci prend fin. Bref, si on se fait embaucher dans ces conditions, mieux vaudra ne pas se presser, mais travailler moins et plus longtemps pour gagner plus ! Le patronat voudrait nous faire faire la grève du zèle, qu’il ne s’y prendrait pas mieux.

Les petits mieux, renvoyés à plus tard

Quant aux petits « plus » en direction des salariés, ils restent bien souvent à préciser et sont renvoyés à de prochaines négociations. La prime forfaitaire pour les moins de 25 ans, on n’en connaîtra pas le montant. L’utilisation de l’intégralité des heures de formation ne se fera qu’avec l’accord du nouvel employeur. Quant aux indemnisations chômage, on verra plus tard pour les détails.

4 mois de « négociations » bidon

Les concessions dérisoires du Medef ont suffi pour que tous les syndicats se félicitent des « avancées » obtenues et envisagent d’accepter l’accord. Y compris la CGT qui tout en refusant pour le moment de signer un texte où « il reste toujours plus de dangers et de précarités que de mesures positives pour les salariés » , revendique d’être « restée jusqu’au bout pour avoir un texte qui soit le moins mauvais possible pour les salariés » . Un texte « rééquilibré »… qui entérine le principal objectif du patronat : licencier sans entrave ? Quel progrès !

Aujourd’hui, les représentants syndicaux nous annoncent, qu’avant d’apposer leur signature à ces accords pourris, ils vont consulter… les salariés ? Leurs adhérents ? Leurs militants ? Mais non ! Leurs «  instances  », disent-ils, ces mêmes instances bureaucratiques qui lors des dernières grèves chez les cheminots ont montré qu’elles étaient en sacré décalage avec les salariés du rang.

Leur faire ravaler, comme le CPE

Rien à attendre donc des directions syndicales qui, toutes à des degrés divers, apportent leur caution à ces nouvelles attaques menée par le gouvernement et le patronat.

Les négociations auxquelles elles font mine de se prêter sont pur décorum. C’est sur un tout autre terrain qu’il nous faudra ferrailler : celui de la grève et des assemblées générales, celui des luttes.