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Hausse des salaires, sans hausse du temps de travail !

lundi 10 décembre 2007

Le 12 décembre le projet de loi sur le pouvoir d’achat sera présenté au conseil des ministres et discuté à l’assemblée nationale avant la fin de l’année. La dernière marotte en date de Sarkozy, c’est la « monétisation » des Réductions de Temps de Travail (RTT). Le chef de l’Etat propose désormais de racheter aux salariés les RTT non prises. Certaines seraient mêmes perçues en salaire avec une petite majoration de 10%. Mais attention, uniquement les RTT non prises d’ici… le 31 décembre 2007. Les autres RTT seront vendues même pas au tarif d’heures supplémentaires. Bref, il est question de nous faire vendre notre temps libre… au rabais !

L’arnaque principale, c’est qu’en réalité les salariés n’auront même pas le choix. La plupart du temps, si les RTT sont stockées dans « un compte épargne temps », c’est parce que le patron ou la direction se refuse à les accorder aux salariés, faute d’embauches suffisantes. La proposition de les « monétiser », même partiellement, entérine le fait que le patronat n’applique même pas la loi sur les 35 heures.

Pour les RTT comme pour les heures sups, les choix sont le plus souvent dans les mains des patrons qui gèrent le sous-effectif et les à-coups de production en usant au maximum ceux qui travaillent plutôt que d’embaucher. Les mesures prises en faveur des heures supplémentaires il y a un mois étaient déjà une manière d’offrir plus de flexibilité aux patrons, tout en leur faisant cadeau des charges sociales. Et l’effet d’annonce des heures sups « défiscalisées » pour les salariés… ne concerne même pas les plus bas salaires, les pères ou mères de famille payés autour du smic qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, et dont lesdites heures sups ne donneront même pas droit à un crédit d’impôt.

La moindre des choses serait déjà d’obliger les patrons à payer les heures supplémentaires imposées qui restent le plus souvent… impayées. Il y a aujourd’hui neuf plaintes sur dix à l’inspection du travail qui sont déposées par des salariés qui font des heures sup’ et qui ne sont pas payés. Jusqu’aux officiers de police qui viennent de manifester contre le gouvernement parce qu’on envisage de les payer au forfait sans leur payer les heures sups obligées. C’est dire la situation du reste des salariés !

L’autre marotte de Sarkozy pour, paraît-il, gagner plus, ce serait l’autorisation du travail du dimanche. Sur la base du volontariat et payé le double. Comme si les travailleurs des transports, hôpitaux, de la restauration ou de l’industrie ne travaillaient pas déjà le dimanche. Encore moins sur la base du volontariat. Et encore moins rémunérés le double.

La baisse du pouvoir d’achat, c’est le résultat de la baisse des salaires, de la généralisation de la précarité, des p’tits boulots et des temps partiels imposés dans la plupart des secteurs, y compris publics. Et ce n’est certainement pas la suppression des RTT, donc de fait l’allongement de la durée légale du travail, puis la multiplication des heures sups et le travail du dimanche qui amélioreront la condition ouvrière.

Bien au contraire. Toutes ces mesures concourent à entériner et à aggraver la surexploitation. L’opération du gouvernement, en incitant les travailleurs à travailler plus longtemps, sera de tendre à la baisse le salaire moyen. Désormais, plus question d’augmenter les salaires. Quiconque se plaindra d’avoir un salaire trop bas se verra répondre par son patron : tu n’as qu’à travailler plus.

Pourtant, face à la baisse générale du pouvoir d’achat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse possible. Celle là, le gouvernement ne l’évoque même pas : c’est une augmentation des salaires, d’au moins 300 € mensuels pour tous, pour rattraper ce que nous avons perdu. Des salariés de Conforama débrayent actuellement tous les week-end pour des augmentations salariales. Chez Toys ‘R’ us aussi des employés sont mobilisés. Reste que la mayonnaise prenne dans les autres entreprises et dans les autres secteurs pour imposer de gagner plus, mais sans travailler plus.