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Sarkozy à l’école de Reagan et Thatcher ?

lundi 24 septembre 2007

Que nous propose Sarkozy pour nos fins de mois difficiles ? Travailler plus, faire plus d’heures supplémentaires (puisque, défiscalisées, elles reviennent moins cher aux patrons que d’embaucher). Dans ce pays, il y aurait trop de cigales et pas assez de fourmis. Assez chanté ! Voilà le refrain. C’est une vraie déclaration de guerre contre l’ensemble des classes populaires.

Guerre aux retraites : Sarkozy attaque d’abord les « régimes spéciaux », en particulier les cheminots dont les retraites sont pourtant basses. Mais c’est pour mieux attaquer ensuite toutes les retraites, qui devraient toutes passer en 2008 à 41 ou 42 ans de cotisation. Comme ces annuités seront impossibles à totaliser en commençant à travailler à 25 ans ou en étant licencié à 55, le montant de la retraite va en prendre un coup.

Guerre à la santé : Sarkozy confirme son projet d’instaurer des « franchises médicales », c’est-à-dire de nous imposer de payer encore plus de notre poche une partie des médicaments et actes médicaux.

Guerre à l’emploi : les quelques protections contre le licenciement seraient levées et les patrons du public comme du privé pourraient licencier « à l’amiable » ! Par ailleurs, les chômeurs qui refuseraient la deuxième offre d’emploi faite par l’ANPE seraient radiés - y compris ceux entre 57 et 60 ans ! Soit le petit boulot, soit le RMI.

Ce plan de bataille de Sarkozy contre le niveau de vie de tous les travailleurs demande riposte et il en est question.

Des ripostes, mais lesquelles ?

Du côté syndical, la plupart des fédérations de cheminots ont répondu aussitôt par l’annonce d’une journée de grève le 18 octobre, sans préciser encore si elle serait accompagnée de manifestations ni limitée à la journée. Les fédérations de l’énergie réfléchissent, consultent… Celles des fonctionnaires, visés par un plan de suppression d’emplois et d’entailles au statut, pourraient se joindre aux cheminots. Dans le privé, pas encore de réactions. Bernard Thibault confirme par ailleurs un appel à faire du samedi 13 octobre une journée de manifestation contre la dégradation des conditions de travail.

Si le 18 octobre la grande majorité des cheminots du pays étaient en lutte, suivis par de gros contingents de travailleurs du public et du privé venus à la rescousse, pas de doute que la journée pourrait être une sérieuse sommation contre la politique de Sarkozy. Surtout si elle n’était pas sans suite. Et il y aura d’autres réactions et luttes. Elles ne peuvent pas manquer, mais leur succès dépendra beaucoup de leurs perspectives et de leur cohésion.

Ce que craint Sarkozy

Sarkozy les craint et se montre prudent. Il se réserve d’étaler dans le temps ses mesures, d’obtenir la connivence des directions syndicales en les embarquant dans des rounds de négociations interminables. Lui et ses ministres n’ont pas oublié la grève de 1995 qui a coûté sa place à Juppé, ou le mouvement contre le CPE qui a cassé Villepin. Mais tout se passe comme si Sarkozy, en osant un tir groupé d’annonces contre le niveau de vie de tous les travailleurs, et l’ouverture du feu contre les cheminots dont il sait qu’ils peuvent réagir, s’apprêtait à jouer les Reagan ou Thatcher. Dans les années 1980, ceux-ci brisèrent la grève de catégories combatives mais restée isolées (les contrôleurs aériens aux Etats-Unis, les mineurs en Grande-Bretagne), pour décourager le reste de la classe ouvrière de résister aux sales coups.

Tous ensemble, pour l’emploi, les retraites, les salaires et la santé !

Sarkozy se verrait bien dans de tels habits. Face à un mouvement des seuls cheminots, par exemple. D’où la nécessité urgente et capitale que nous assurions le succès des journées d’action ou de grèves, mais sans nous contenter d’appels isolés et dispersés.

A l’attaque globale de Sarkozy, il nous faut opposer une riposte globale. Celle en fait que redoute le gouvernement, la seule capable de le faire reculer. Aux travailleurs d’avoir un programme et un plan de lutte générale, pour gagner tous ensemble.