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La rentrée des luttes de classes...

lundi 27 août 2007

Depuis que Sarkozy est revenu de ses vacances de milliardaire sur la côte est des États-Unis, les annonces de mauvais coups pour le monde du travail ont repris leur rythme de rentrée. On peut d’ailleurs à peine dire qu’il y ait eu une pause estivale, tant les attaques se sont succédées depuis l’élection présidentielle, il y a à peine plus de 100 jours.

Sarkozy avait promis qu’il gouvernerait pour les plus riches et cette promesse-là, au moins, il a commencé à la tenir. Il a déjà mis en place, entre autres mesures, le bouclier fiscal pour diminuer les impôts des plus grandes fortunes. Rien que cette mesure coûtera près d’un milliard et demi d’euros au budget de l’Etat et profitera à moins de 250 000 ménages. Et l’ensemble du « paquet fiscal » dont la plupart des travailleurs ne verront pas la couleur mais paieront la note, coûtera entre 13 et 15 milliards, soit plus que le prétendu trou de la Sécu. Par contre, il a refusé au début de l’été d’augmenter le SMIC de plus que le minimum légal…

Pour toutes les familles populaires, cette rentrée, c’est donc la promesse que la dégringolade du pouvoir d’achat va continuer. Les associations familiales ont publié dans la presse leur traditionnelle enquête sur le coût de la rentrée pour les enfants scolarisés. Sans surprise, il est en augmentation et, selon la classe de l’enfant, l’allocation de rentrée scolaire est bien loin de couvrir la note ! On apprend aussi que le prix du pain devrait augmenter dès septembre de 5 à 8 %. A cela s’ajoutent les franchises sur les dépenses de santé qui laissera 50 € par an supplémentaires à la charge des malades, et on nous reparle déjà de la TVA sociale...

Du service minimum dans les transports au futur contrat unique promis par Fillon pour janvier, en passant par la loi sur l’université votée en août et la réduction du nombre de fonctionnaires (et d’enseignants en particulier), on en finirait pas d’établir le catalogue détaillé des mesures passées, présentes et à venir contre les travailleurs. C’est bien une attaque généralisée, sur tous les terrains, que mène le gouvernement. Si Sarkozy fait preuve d’hyperactivité, c’est dans sa lutte contre la classe ouvrière !

En face, le gouvernement n’a pas grand-chose à redouter des réactions du parti socialiste. Dominique Strauss-Kahn qui serait, à en croire les derniers sondages, le mieux placé pour prendre la tête du PS, n’a rien de mieux à faire que de se mettre en campagne pour son propre poste à la direction du FMI, avec le soutien de... Nicolas Sarkozy ! Sa rivale Ségolène Royal, dans son discours de rentrée critique certes la politique de Sarkozy mais en lui trouvant quand même « une sincère volonté de réforme » ! Tout ce petit monde est de toute façon bien trop occupé à régler ses propres comptes internes et à chercher qui sera candidat en 2012 pour s’occuper d’autre chose.

Du côté des directions syndicales, on peut craindre qu’il n’y ait pas beaucoup plus de volonté d’organiser une véritable riposte à la hauteur des enjeux. Les confédérations, certes avec des formulations différentes, annoncent qu’elles seront « vigilantes » lors des différentes rencontres que leur propose Sarkozy d’ici l’automne. Mais est-il besoin d’être particulièrement « vigilant » pour dire dès à présent ce qui sortira de ces discussions ? Gouvernement et patronat entendent bien continuer leur politique de guerre contre le monde du travail, en s’assurant, si possible, la complicité des syndicats ou au moins de certains d’entres eux.

Pourtant, la réussite de l’offensive de Sarkozy n’est pas une fatalité. Le passé récent, avec le CPE, a montré qu’un mouvement déterminé pouvait faire reculer un gouvernement de droite. Le gouvernement, et à travers lui le patronat, s’en prend aujourd’hui à tous les secteurs du monde du travail. Il mène une offensive d’ensemble brutale et la seule réponse possible sera une riposte d’ensemble.

Sarkozy annonce à l’avance les coups qu’il jouera contre la classe ouvrière. Mais il n’est fort que de l’absence d’une lutte collective de tous les travailleurs. Cette lutte, la classe ouvrière a les moyens de la mener pour faire remballer ses projets au gouvernement. La préparer, ce doit être cela, le programme de la rentrée pour le monde du travail.