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Service minimum, vigilance maximum !

lundi 25 juin 2007

Le nouveau gouvernement met le turbo pour imposer ses mesures anti-ouvrières pendant la période des vacances.

Ainsi en est-il de l’avant projet de loi sur le « service minimum » dans les transports. Sous prétexte de soulager les misères des voyageurs « pris en otage » lors des grèves, le gouvernement voudrait restreindre le droit des salariés à se défendre. Les cheminots devraient se déclarer grévistes 2 jours avant le conflit. Un vote à bulletins secrets, de tous y compris les non grévistes, déciderait au bout de 8 jours de la poursuite du mouvement. Et Sarkozy d’engager les palabres avec les directions syndicales, ce qui est son but aussi, en sachant qu’il en rabattra un peu… Mais l’essentiel pour lui est de satisfaire ses amis du patronat. La volonté sinon d’interdire du moins de rendre plus difficiles les grèves dans les transports, n’a rien à voir avec le confort des usagers : c’est un encouragement aux patrons à limiter eux aussi le droit de grève dans leurs entreprises, et une protection pour l’ensemble des entreprises dont les grèves dans les transports égratignent le portefeuille. Il n’est qu’à voir l’air ravi de la patronne du Medef, Laurence Parisot.

La panoplie gouvernementale de mesures favorables aux possédants ne s’arrête pas là : défiscalisation des heures supplémentaires, instauration d’un bouclier fiscal, stagnation du Smic qui ne bénéficie d’aucun coup de pouce. Pour financer ces mesures, il lui faut faire des économies : 40 000 fonctionnaires non remplacés en 2008, non remboursement de plus en plus de médicaments, franchise pour tous les actes médicaux. Il sait que forcément des réactions auront lieu. Aussi commence-t-il par essayer de limiter celles-ci en tentant de ligoter le droit de grève.

Pour faire passer le « service minimum » dans l’opinion, on a eu droit à une campagne contre les cheminots, orchestrée par le gouvernement et relayée dans les médias : ce seraient des privilégiés allant s’enrichir à l’étranger une fois à la retraite, ils seraient payés lors de leurs grèves. Mensonges sur mensonges, le dernier démenti par les directions de la Sncf et de la Ratp, mais qu’importe, le but d’une calomnie, n’est-il pas qu’il en reste quelque chose ?

La volonté affichée du gouvernement est de faire un test. Certains représentants patronaux ont demandé à Xavier Bertrand, ministre du travail, que l’éventuelle restriction du droit de grève dans les transports soit étendue à La Poste.

Nous sommes tous menacés par ce projet gouvernemental, et pas seulement les cheminots, comme on voudrait nous le faire croire. De la même façon que nous sommes tous concernés par l’attaque projetée sur les retraites des régimes dits spéciaux, non encore dépecés. Souvenons-nous : la remise en cause de nos retraites a commencé dans le privé, puis s’est étendue dans le public, et maintenant c’est le dernier bastion qui est visé. Mais cela ne nous protège en rien, puisqu’il est question d’allonger encore pour tout le monde le nombre d’annuités nécessaires pour bénéficier d’une retraite pleine. En essayant de diviser les salariés, en pointant du doigt ceux qui seraient privilégiés, le gouvernement voudrait nous anesthésier. Et que l’on oublie, peut-être, le scandale des licenciements en masse qui continue, partout dans le pays et en particulier dans des entreprises bourrées de commandes comme Airbus ?

Le gouvernement se croit pour l’instant très fort. Quoique. On n’a pas beaucoup entendu Sarkozy le soir du deuxième tour des élections, et les visages défaits des leaders de la droite montraient leur surprise de gagner moins de sièges que prévu. Pourquoi ? La TVA anti-sociale n’était pas bien passée, et les électeurs leur avaient envoyé un avertissement. Electoral seulement. Mais visible. Sur un sujet qui touche à la vie quotidienne.

Pour Sarkozy et son équipe, c’est loin d’être gagné. Les mécontents commencent à s’exprimer : cheminots certes, mais également étudiants et enseignants qui n’acceptent pas la privatisation des facultés.

Même sans Juppé, qui s’y connaissait pour mettre du monde dans la rue, les travailleurs ont des ressources pour s’opposer aux mauvais coups.