Que l’on ait Sarko ou Sego : préparons le troisième tour social
lundi 23 avril 2007
Le 6 mai prochain, au deuxième tour des élections présidentielles, les électeurs n’ont donc plus que le choix entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Autant dire pas de choix du tout puisque l’un ou l’autre présideront à une politique qui ne répond en rien aux problèmes des travailleurs, des chômeurs ou de la jeunesse.
Nous ne pouvons même pas dire que nous ne sommes pas prévenus : ils l’ont annoncé, dès le premier tour, en avançant un programme qui ne contient aucune mesure qui puisse résoudre le problème des salaires, du chômage, du logement, de l’éducation ou des sans-papiers. Et ils l’ont prouvé d’avance par la politique que eux et leurs partis ont menée dans les gouvernements dont ils ont fait partie, puisque tous les deux ont déjà été ministres et à plusieurs reprises.
Bien sûr c’est plus récent pour Sarkozy et l’UMP. Le souvenir est plus frais, en particulier ses passages au ministère de l’Intérieur. Il fait donc plus peur. Et nous comprenons tous ceux qui voudraient l’empêcher d’arriver à la présidence et d’être élu le 6 mai. Nous comprenons donc tous ceux qui vont aller voter pour Ségolène Royal, pour beaucoup à contre-cœur car ils n’ont aucune illusion sur elle, mais qui se disent n’importe qui sauf Sarkozy. Nous sommes bien sûr solidaires de leur rejet de Sarkozy.
Mais l’élection de Royal ne serait pas un moyen ni de faire avancer leurs aspirations ni d’aider leurs combats. Elle n’a pris aucun engagement précis, pas plus que Sarkozy : ni sur l’augmentation des salaires ou du smic, ni sur la fin du chômage ou de la précarité, ni sur la réquisition des logements vides, ni même sur la construction de nouveaux logements, et pas plus sur l’arrêt des expulsions ou la régularisation des sans-papiers.
L’élection de Ségolène Royal ne serait même pas un moyen de chasser la droite. Dès l’annonce des résultats du premier tour, Royal comme ses représentants sur les plateaux de télé commençaient à faire de l’œil et des appels du pied à François Bayrou, arrivé troisième. Mais Bayrou est aussi un ancien ministre, en réalité le compère de longue date de Sarkozy avec lequel il ne s’est fâché sans doute que le temps d’une élection. Ségolène Royal élue, nous avons des chances d’avoir un gouvernement comprenant des ministres UDF, le parti de Bayrou… sinon Bayrou lui-même comme premier ministre. Là encore, exactement comme avec Sarkozy, dont les représentants ont à la même heure que ceux de Royal entamé leurs avances envers le même Bayrou.
Oui, vraiment ce n’est pas du résultat du deuxième tour, ni de notre vote en faveur de Royal, ni de notre abstention, dimanche 6 mai, que dépend notre sort.
En revanche, il dépendra de la capacité de ceux qui vont quand même voter Royal comme de ceux qui n’en prendront même pas la peine et s’abstiendront, à engager ensemble le troisième tour social, pas dans les urnes, mais par les grèves et dans la rue.
D’une certaine manière ce troisième tour social est engagé et s’est même poursuivi durant la campagne du premier tour par des luttes de toutes sortes : grèves pour des augmentations de salaires, comme à PSA-Aulnay, contre les licenciements ou les conditions de travail en bien d’autres entreprises, ou encore mobilisations d’élèves, de professeurs, de parents d’élèves, voire de villages entiers contre des expulsions d’enfants, de parents, de grands parents et de travailleurs sans-papiers. Mais ces luttes doivent maintenant se rassembler.
Une mobilisation de l’ensemble des travailleurs est nécessaire pour imposer les principales mesures d’un plan d’urgence correspondant aux besoins de la population : augmentation de 300 € mensuels pour tous, smic à 1500 € nets tout de suite, interdiction des licenciements, réquisition des logements vides, arrêt des expulsions, des papiers pour tous, et pour assurer tout cela le contrôle ouvrier et populaire sur les entreprises et l’administration publique.
Cette mobilisation de l’ensemble des salariés sera nécessaire quel que soit le futur président ou la future présidente. Elle sera donc nécessaire aussi bien contre Royal que contre Sarkozy.