L’édition, un monde capitaliste comme les autres
samedi 26 juin 2021
C’est la
réflexion d’Irène Lindon qui vient de céder les Éditions de Minuit, fondées par son père Jérôme Lindon, à la maison Gallimard. C’était un des derniers éditeurs indépendants de l’Hexagone qui avait vu le jour sous l’Occupation et devait son nom au fait que livres, journaux et autres textes interdits y étaient publiés clandestinement la nuit.
Gallimard – qui regroupe désormais Flammarion, Denoël, Mercure de France, J’ai Lu, la Table Ronde, POL et Casterman etc. – ajoute donc un nouveau trophée à sa panoplie déjà bien garni. Et cette concentration, que l’on constate aussi dans la presse écrite, la télévision et le monde de la radio, rend de plus en plus illusoire la pluralité et la diversité des titres dont on nous rebat les oreilles. Et Irène Lindon a raison : sous son vernis culturel, l’édition est bien un monde capitaliste comme un autre.