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A Sarkozy, les travailleurs répondront dans la rue

lundi 5 février 2007

De plans sociaux en réductions d’effectifs, le chômage et la précarité n’ont pas cessé depuis vingt ans de tirer les salaires vers le bas. Des millions de travailleurs sont sans emploi. Mais Sarkozy s’affiche depuis plusieurs semaines comme le « candidat du travail »... et des heures supplémentaires.

Jeudi dernier, il se rendait au petit matin au marché de Rungis, confiant aux journalistes, « ici, ils savent ce que c’est que le travail ». Et, à ces travailleurs qui, pour la plupart embauchent à deux heures du matin, il promettait le droit de « travailler plus pour gagner plus ». Trois jours plus tôt, en visite dans un hôpital du Val d’Oise, il demandait aux infirmières de nuit si elles accepteraient de faire des heures supplémentaires pour gagner davantage, et ce dans un service d’urgences, toujours débordé, où l’on finit sa nuit de travail épuisé.

Quand il dit se soucier du pouvoir d’achat et vouloir revaloriser le travail, ce n’est pas l’augmentation des salaires qu’il met au programme. Au contraire il veut maintenir les bas salaires pour aider les patrons à profiter de nous au maximum en jouant sur la flexibilité et les heures supplémentaires. Autant d’embauches en moins ! Aux patrons il promet, en prime, l’exonération des charges patronales sur les heures supplémentaires qu’ils font effectuer, creusant ainsi un peu plus le déficit de la Sécurité sociale. Quand Sarkozy parle de la valeur du travail, c’est pour la faire baisser en faveur des profits patronaux.

Derrière sa posture d’homme fort, d’homme d’action, il ne fait que se plier aux desiderata des patrons. Et lorsque que ceux-ci demandent le droit de licencier plus facilement, Sarkozy vante les mérites du CNE, le Contrat nouvelle embauche, et prône le remplacement de tous les contrats de travail, y compris le CDI, par un nouveau contrat unique qui devrait être « plus souple pour les entreprises, grâce à des procédures de licenciement moins longues et surtout moins incertaines ».

Donnons de la voix ouvrière...

Mais si Sarkozy peut se permettre une telle démagogie, fait mine de s’adresser aux travailleurs, aux « électeurs de gauche » ou de gagner à lui les électeurs enseignants, c’est parce que la gauche a mené elle aussi, lorsqu’elle était au pouvoir, une politique au service des patrons et que la candidate socialiste d’aujourd’hui n’affirme rien de différent.

Les 35 heures, telles qu’elles ont été accordées par la gauche, avaient surtout permis d’instaurer, en contrepartie, la flexibilité et l’annualisation du temps de travail. Mais quand Ségolène Royal parle de les assouplir, c’est pour garder la flexibilité en ré-augmentant les horaires, afin, a-t-elle également dit, que « ceux qui veulent travailler plus puissent le faire » !

L’un et l’autre ne prétendent mettre le travail au centre de leur campagne, que pour nous demander de nouveaux sacrifices. Face à eux, voter pour celle qui a toujours défendu le monde du travail et ses revendications, Arlette Laguiller, est la meilleure façon de nous faire entendre.

... et préparons les luttes !

Et il faut préparer dès aujourd’hui la riposte aux attaques qu’ils préparent contre nous. Point n’est besoin d’attendre l’échéance électorale pour s’y mettre.

Ce jeudi 8 février, les syndicats de la fonction publique et de la SNCF appellent à une journée de grève et de manifestations. Les problèmes que rencontrent les salariés du public sont les mêmes que ceux que subissent ceux du privé : réductions d’effectifs, développement des emplois précaires, surcharge de travail, baisse du pouvoir d’achat.

Cette journée n’est pas encore le mouvement d’ensemble dont nous avons besoin : elle ne concerne que certains secteurs et il est à craindre qu’aucune suite ne soit donnée par les syndicats. Mais elle doit être un succès, et c’est à nous d’en faire le début d’une mobilisation plus large.