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Royal ou Sarkozy ? De toute façon le Jackpot pour les riches !

lundi 29 janvier 2007

65 milliards d’euros ! C’est le chiffre auquel se sont élevées les aides publiques accordées par l’Etat aux entreprises au cours de l’année 2005. Le Jackpot pour les patrons !

Coups de pouce fiscaux, allègements de charges, subventions aux entreprises... l’Etat redouble de moyens pour mettre en œuvre sa politique d’aides aux plus riches.

La contrepartie est bien sûr que cela se fait au détriment d’autres secteurs qui en auraient bien besoin. Ces 65 milliards d’euros c’est l’équivalent d’un peu plus que le budget de l’Éducation nationale et du même ordre de grandeur que le total des dépenses hospitalières.

Enrichir le patronat aux dépens de l’immense majorité des travailleurs, c’est toujours le programme du candidat de l’UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy.

Quand il promet la baisse des « prélèvements obligatoires » c’est de la baisse des impôts sur les profits patronaux dont il s’agit. Pas question de la baisse de la TVA ou de la taxe sur les produits pétroliers qui touchent plus durement les pauvres que les riches. En revanche il est bien question d’une franche diminution de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune. Il suffira de placer sa fortune (pour ceux qui en ont une, bien sûr) dans l’achat d’actions ! C’est-à-dire permettre de l’accroître encore. Oui, tout pour les riches !

Quant au temps travail, Sarkozy propose de repousser l’âge du départ à la retraite. Pourquoi donc ne pas travailler jusqu’à 70 ans ! Idem sur le temps de travail hebdomadaire. Pourquoi donc fixer un seuil à 35 heures alors qu’on pourrait épuiser les travailleurs à la tâche 45 heures ou plus par semaine ! A défaut de salaires décents et sous couvert de permettre à ceux qui le souhaitent de « travailler plus pour gagner plus » il y a en fait la volonté de démolir toute la législation du travail, du moins toutes les lois qui pourraient protéger un peu les salariés.

En gros tout pour satisfaire le Medef, l’organisation patronale qui vient elle aussi d’adresser son programme aux candidats, un programme qui correspond trait pour trait à celui de Sarkozy : depuis la suppression de toute durée légale sur les horaires de travail jusqu’à l’instauration d’un contrat de travail unique, largement inspiré du CNE, grâce auquel les patrons pourraient « divorcer » de leurs employés à « l’amiable », c’est-à-dire licencier quand ils le souhaitent.

Si Sarkozy reprend à son compte l’ensemble des mesures du Medef, la candidate du Parti socialiste, Ségolène Royal n’est pas en reste. Ses prises de position sont certes moins visibles... en tout cas moins que ses « gaffes » sur le Québec et la Corse. Mais elle ne condamne en rien le programme de Sarkozy et ne se démarque pas vraiment de celui du Medef. Bien au contraire ! Ségolène ne « s’interdit rien dans le domaine  » de la flexibilité et des 35 heures. C’est-à-dire qu’on peut tout en attendre, surtout le pire. Pas question non plus de prendre des mesures sur la fiscalité qui risqueraient d’effrayer les plus riches.

Autant dire que quel que soit le nom qui sortira des urnes, Sarkozy ou Royal, les travailleurs ne pourront pas faire l’économie de la lutte. Taxer les plus riches ; supprimer toutes les subventions au patronat ; utiliser cet argent pour améliorer les services publics, l’enseignement, les logements et la santé ; faire reculer la précarité ; imposer des augmentations mensuelles des salaires de 300 euros pour tous : tout cela ne pourra résulter que d’un vaste mouvement d’ensemble.

Le 8 février, les syndicats de la fonction publique et ceux des cheminots appellent à une journée d’action et de manifestation. Cette journée n’est certes pas encore le mouvement d’ensemble dont nous avons besoin : d’abord elle ne concerne que certains secteurs, ensuite aucune suite n’est prévue par les syndicats. Il est tout de même souhaitable qu’elle soit le plus réussie possible. Cela montrerait que les travailleurs sont de plus en plus nombreux à vouloir aller dans cette voie-là.