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A bas la loi scélérate contre les immigrés !

lundi 1er mai 2006

Les coups tordus autour de l’affaire Clearstream, scandales financiers et services secrets à l’appui, montrent que la course à la présidentielle de 2007 entre les hommes au pouvoir, Villepin, Sarkozy, Chirac et autres, ne connaît pas de limite.

Les mêmes qui se combattent ainsi sont pourtant bien d’accord entre eux quand il s’agit de coups fourrés contre la classe ouvrière. Ils avaient tous applaudi et fait passer comme un seul homme la loi scélérate sur le CPE, et aujourd’hui, ils parlent d’une seule voix pour s’attaquer aux immigrés. Une voix qui s’inspire de la démagogie de l’extrême-droite - tout est bon pour récupérer son électorat - comme l’a illustré le discours de Sarkozy sur le thème « aimer la France ou la quitter ».

Cette semaine, l’Assemblée nationale doit examiner un nouveau projet de loi, résumé par Sarkozy comme favorisant l’immigration « choisie » plutôt que l’immigration « subie » : c’est prétendre que l’immigration serait un « problème », représenterait une charge, un coût pour la société. Mais c’est un tissu de mensonges. Les travailleurs immigrés ne sont pas la cause du chômage, ce ne sont pas eux qui licencient, mais les patrons ! Les immigrés ne coûtent pas cher à la Sécu ou aux retraites, puisqu’ils cotisent eux aussi à la sécurité sociale et paient des impôts. Leur travail produit de la richesse. Ce qui n’est pas vrai des patrons bien français qui s’enrichissent sur leur dos !

« L’immigration choisie » ? En pratique, c’est la définition d’objectifs quantitatifs d’immigration par profession en fonction des demandes des patrons, c’est le tri des immigrés en fonction de leurs besoins en main d’œuvre. Patrons du nettoyage, de l’hôtellerie ou du bâtiment et des travaux publics, pourront cependant continuer à employer des travailleurs immigrés mal payés et non déclarés. Et comme Bouygues, qui vient de racheter Alstom à l’Etat et passe par de multiples sous-traitants pour ses chantiers, ou comme la grande distribution qui commercialise les produits de la confection, ils pourront continuer à grossir leur fortune sur le dos des clandestins et des autres. Et les bourgeois pourront continuer à se gaver dans les restaurants de luxe où les sans papiers transpirent dans les cuisines.

Tout le projet de loi revient à précariser un peu plus une fraction de la classe ouvrière. Il veut durcir les conditions d’obtention de cartes de séjour. A commencer par les étrangers conjoints de Français, devenus suspects : les conditions pour obtenir un titre de séjour seront plus draconiennes et ils devront attendre trois ans au lieu de deux. La régularisation de la situation des étrangers présents depuis plus de dix ans sur le sol français, déjà difficile à faire valoir, ne sera plus de droit. Les travailleurs en CDD n’auront droit à une carte de séjour, « temporaire », que pour la durée de leur contrat.

Les conditions du regroupement familial seront durcies, le rendant quasiment impossible : l’État veut bien du travailleur payé au rabais sur un chantier ou pour faire le ménage, mais ses enfants ne seront pas les bienvenus !

Cette loi, si elle est mise en œuvre, va multiplier encore les cas de sans-papiers et d’expulsions, livrer encore plus les immigrés à l’arbitraire de l’administration.

Le patronat peut s’en féliciter. Car lorsqu’un travailleur est dans une situation précaire vis-à-vis de ses papiers, il l’est aussi face à son patron, il lui est plus difficile de protester face aux conditions de travail ou de refuser un surplus de travail. Précariser encore la fraction immigrée des travailleurs, c’est peser sur les conditions de vie de tous les salariés.

La démagogie xénophobe cherche à opposer travailleurs français et immigrés, pour le plus grand profit des patrons. Il faut au contraire riposter ensemble à cette nouvelle attaque qui ne concerne pas seulement les immigrés mais toute la classe ouvrière. Le mouvement contre le CPE a montré que le gouvernement pouvait être contraint à retirer une loi. Contre ce nouveau projet inique, des manifestations ont déjà eu lieu samedi 29 avril. Une manifestation nationale est prévue le 13 mai. Il faut y participer nombreux !