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De PSA Ryton au CNE, La lutte contre les licenciements et la précarité toujours à l’ordre du jour !

lundi 24 avril 2006

La semaine dernière, le trust automobile français PSA a annoncé son intention de fermer l’usine de Ryton en Angleterre d’ici 2007. Sous prétexte de l’arrêt de la production de la 206, assemblée à Ryton, ce serait encore 2 300 ouvriers dans ce pays qui se retrouveraient licenciés, jetés de cette usine qui comptait 4 500 ouvriers en 2003 !

Pour justifier les licenciements, la direction de PSA a le culot d’invoquer les « coûts de production et de logistique ». La réalité, c’est qu’elle veut fermer l’usine après avoir amassé des profits juteux sur le dos des ouvriers anglais. Il n’y a pas si longtemps, la publicité qui passait à la télé française se flattait que « la 206 est la voiture la plus vendue de sa catégorie ». Et pourquoi la 206 a-t-elle été aussi profitable ? Entre autres, parce que PSA a pressé le citron jusqu’au bout, se servant notamment ces dernières années du chantage à l’emploi et à la fermeture pour imposer aux ouvriers anglais une série de sacrifices : la baisse réelle des salaires fin 2002, puis la suppression d’une première équipe en 2004, d’une deuxième équipe en 2005.

Ces sacrifices successifs, acceptés par les syndicats, n’auront pas protégé les ouvriers de Ryton de la fermeture pure et simple. De même, si on les laisse faire, les licenciements des ouvriers anglais n’en éviteront pas d’autres, ailleurs en Europe. Volkswagen en Allemagne annonce 20 000 postes en moins. Dès aujourd’hui, les restructurations de l’industrie automobile sont en train de se solder en France par des centaines de suppressions d’emplois parmi les intérimaires et chez les sous-traitants de PSA ou de Renault, comme Faurecia, Rencast, Mécaplast, Cadence Innovation, CF Gomma et Timken. Et les autres secteurs de l’industrie ne sont pas en reste, comme le fabricant de semi-conducteurs Altis, filiale d’IBM, qui a annoncé des centaines de licenciement en région parisienne. L’Etat donne d’ailleurs l’exemple. Le ministre de l’économie, Thierry Breton, veut supprimer la moitié des postes de fonctionnaires partant en retraite.

A l’annonce de la fermeture de Ryton, le premier ministre anglais prétendu « de gauche », Tony Blair, a eu ce petit commentaire cynique : « il est inévitable que de temps en temps il y ait des pertes ». Tony Blair ne vaut pas mieux que son équivalent français, le premier ministre socialiste Lionel Jospin, qui en 1997 avait abandonné les travailleurs de l’usine Renault de Vilvoorde en Belgique, alors qu’il pouvait s’opposer à la fermeture, l’Etat français étant encore actionnaire majoritaire à Renault.

Qu’ils soient français ou anglais, patrons et gouvernants pensent aujourd’hui être en mesure de nous imposer d’être de la main d’œuvre corvéable à la merci de leurs profits. C’est bien cela qui, en France, a déclenché la révolte de la jeunesse au cours des deux derniers mois : le refus d’être traités comme de la « chair à patron », « des salariés jetables », comme le disaient les jeunes manifestants, qui ont réussi à entraîner à leurs côtés des millions d’autres dans la rue, jeunes et moins jeunes.

En France, deux mois de lutte et de mobilisation ont permis d’obtenir un premier succès : le retrait du CPE. Mais de la part du patronat et du gouvernement il ne s’agit que d’un recul limité. Beaucoup de jeunes en lutte voulaient combattre l’ensemble de la précarité, et notamment le CNE qui s’applique déjà dans les entreprises de moins de 20 salariés, ou l’ensemble de la loi sur l’égalité des chances dont le CPE n’était qu’un article.

Tous les salariés, jeunes et moins jeunes, des petites comme des grandes entreprises, sont aussi menacés d’être jetés demain dans la précarité. Ce qui peut nous protéger de cette politique agressive du patronat, ce ne sont pas les « bons résultats » de « notre » entreprise ou de l’économie de « notre » pays mais ceux de notre mobilisation.

Puisqu’ils veulent tous nous précariser, unissons-nous, tous âges confondus, par delà les divisions entre entreprises, statuts et contrats différents. Unissons-nous même par delà les frontières, pour imposer l’interdiction des licenciements.