Migrants en Méditerranée : la politique criminelle des États européens à l’heure du Covid-19
lundi 11 mai 2020
En mars, Malte et l’Italie ont fermé leurs ports, déclarés non « sûrs » en raison de la crise sanitaire du Covid-19.
Comme une embarcation de migrants était en détresse dans la zone de recherche et de secours relevant de Malte, le gouvernement maltais a affrété un chalutier pour les renvoyer vers la Libye : dans la nuit du 12 avril, le Dar al Salam a quitté La Valette, maquillé en navire maltais pour mieux tromper les migrants qu’il a recueillis. Puis il a rejoint Tripoli, au cœur d’une guerre civile. Une violation claire du droit international, mais le gouvernement maltais n’en est pas à une violation près.
Par ailleurs, les deux derniers navires humanitaires de sauvetage ont été immobilisés cette semaine par la justice italienne, pour « défauts techniques », alors que l’un a été révisé au printemps et que l’autre a des certificats espagnols en règle. L’Aita Mari a effectué son dernier sauvetage le 13 avril. Après des jours de négociations, les migrants secourus ont été transférés sur un ferry italien, pour une quarantaine de 14 jours, rejoignant les 146 migrants sauvés le 6 avril par l’Alan Kurdi. L’Italie a autorisé le 4 mai le ferry à s’amarrer, mais pas à débarquer les personnes secourues. Pour l’instant, seule l’Allemagne serait prête à en accueillir une partie…
Enfin, un navire commercial cherche un port pour débarquer 78 migrants secourus le 3 mai au large de Malte. Aucun pays ne se propose… Pendant la pandémie, la forteresse Europe poursuit sa politique meurtrière.