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Ni CPE, ni CNE, non à la précarité ! Disons le tous ensemble ce mardi 7 mars

dimanche 5 mars 2006

Les différentes organisations syndicales, ainsi que les organisations et coordinations étudiantes et lycéennes, appellent l’ensemble des salariés comme la jeunesse à manifester dans tout le pays contre le CPE (Contrat Première Embauche) mais aussi le CNE qui l’a précédé et la précarité en général.

Cela fait un mois que les étudiants se mobilisent contre les mesures de Villepin, manifestent, font des assemblées générales dans leurs facultés et tiennent toujours bon, même au retour des vacances scolaires. Et ce sont les étudiants qui nous ont rappelé qu’il y a douze ans, en 1994, Balladur avait dû retirer la loi qu’il avait lui aussi fait voter sur le CIP (le « Contrat d’Insertion Professionnelle », autrement dit un « smic jeune » au rabais), devant les manifestations de rue.

Une loi scélérate qui menace l’ensemble

du monde du travail

Villepin a voulu faire croire que sa loi, c’était « mieux que rien ». En fait, comme l’ont dit les jeunes dans la rue, « c’est pire que tout ». Cela institue une période d’essai de deux ans, pendant laquelle le jeune salarié peut se faire virer sans préavis ni indemnités.

Pour le moment, on nous parle de contrat « première embauche » pour les jeunes de moins de 26 ans. Mais si nous ne faisons pas reculer le gouvernement là-dessus, tout le monde a bien compris (à commencer par les patrons qui s’en réjouissent d’avance !) que cela sera suivi bientôt par de nouvelles mesures faisant totalement disparaître les CDI et institutionnalisant la précarité pour tous les salariés, jeunes et moins jeunes, du secteur privé comme du secteur public.

La loi anti-ouvrière de trop

Cela fait des années que le patronat et le gouvernement multiplient mesures et lois anti-ouvrières qui aggravent le chômage, la précarité, la flexibilité et la dureté des conditions de travail. Jusqu’aux statistiques des accidents du travail qui augmentent dans des proportions considérables, traduisant le renforcement de la surexploitation.

Non pas que les travailleurs ne réagissent plus. Bien des luttes ont lieu : contre les restructurations, la baisse des salaires (autre forme de la précarité), le grignotage de tels ou tels droits que l’on croyait acquis. Seulement, toutes ces réactions sont toujours localisées, isolées, émiettées. C’est la grande faiblesse actuelle du monde du travail. Le patronat, lui, est parfaitement centralisé ; son état-major, il l’a au gouvernement. Si bien, que d’offensive contre les retraites, en offensives contre le droit social et le droit du travail, il se croit tout permis.

La précarité existe déjà, nous disent-ils, il n’y a plus qu’à la légaliser totalement ! Ben voyons !

Eh bien non. Montrons que nous ne permettrons pas tout, que le monde du travail peut réagir ensemble.

Les étudiants s’adressent à nous, pour

le 7 mars, et au-delà

Ce qui a été remarquable dans les assemblées des étudiants toutes ces dernières semaines, c’était leur conscience de s’attaquer à un problème qui concerne l’ensemble des travailleurs. Ces étudiants, dont la majeure partie aujourd’hui sont des enfants de travailleurs, savent parfaitement que leur mobilisation doit trouver un débouché dans la mobilisation des ouvriers et employés. La dernière coordination nationale étudiante, samedi dernier, s’est adressée une nouvelle fois aux syndicats ouvriers pour leur proposer de se concerter ensemble pour envisager la poursuite de la mobilisation au-delà du 7 mars.

C’est donc le moment de répondre présent, et de se joindre massivement à la jeunesse dans les manifestations communes prévues pour demain.

Soyons en sûrs : si ce mardi 7 mars, nous nous retrouvons beaucoup plus nombreux dans la rue que le 7 février dernier, si le gouvernement doit faire face à la jonction de la jeunesse et des salariés, on verra non seulement Villepin, Sarkozy chuter dans les sondages, mais le gouvernement comme le Medef commencer à faire profil bas. Et si ce premier grand rendez-vous de la rue est un succès, il est évident qu’il ne faudra pas en rester là. Cela ne devra être « qu’un début... », comme disaient les étudiants de 1968 !