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Ni CPE, ni CNE, non à la précarité ! Disons le tous ensemble le mardi 7 mars.

lundi 27 février 2006

Etudiants ou lycéens, la partie de la jeunesse scolarisée en lutte pour le retrait du CPE ne désarme pas. Les différents calculs du gouvernement n’ont donc pas eu raison de ce mouvement de contestation qui dure maintenant depuis plusieurs semaines. Ni le calendrier des vacances scolaires, ni le recours du gouvernement à des procédures d’exception pour accélérer l’adoption de ce Contrat Première Embauche (CPE), n’ont entamé la détermination de ces jeunes qui ne se résignent pas à être « de la chair à patron » comme le dit un de leurs slogans.

Un contrat qui incite aux licenciements

A juste titre, les jeunes manifestants dénoncent la précarité de ce nouveau contrat imaginé par de Villepin pour faciliter les procédures de licenciement. En effet, le CPE institue une période d’essai de deux ans, pendant laquelle le salarié est licenciable sous le moindre prétexte, sans que l’employeur ne soit tenu au moindre préavis ou à verser la moindre indemnité. Avec ce nouveau contrat, non seulement l’employeur a les mains libres pour licencier, mais il est même récompensé s’il licencie. Car le CPE est assorti du dégrèvement total de charges sociales pendant les trois premières années : une véritable incitation à licencier pour renouveler la main-d’œuvre.

Voilà pourquoi les jeunes ont mille fois raison de crier qu’ils ne veulent pas devenir des « travailleurs jetables ». Comme ils ont raison de ne pas se laisser piéger par la propagande gouvernementale qui voudrait nous faire croire qu’une telle remise en cause de nos droits serait le prix à payer pour pouvoir accéder à un emploi. En réalité, le CPE ne créera pas de nouveaux emplois, il instituera des emplois précaires en lieu et place des emplois stables. Exactement comme son précurseur, le Contrat Nouvel Emploi (CNE), instauré en septembre dernier dans les entreprises de moins de 20 salariés sans limite d’âge.

Jeunes et moins jeunes, tous concernés !

Mais il n’y a pas que les jeunes scolarisés de moins de 26 ans qui ont des raisons de s’inquiéter pour leur avenir. Ce n’est pas seulement de l’avenir de nos enfants ou des plus jeunes qu’il s’agit. C’est notre situation à nous tous, salariés, qui va se dégrader si les contrats précaires se généralisent et s’institutionnalisent.

En engageant la lutte, c’est de fait la cause de l’ensemble du monde du travail que les jeunes ont commencé à défendre. Nous ne pouvons pas les laisser agir seuls. Leur mouvement ne peut avoir de perspective que si nous, travailleurs, nous y mettons aussi. Le gouvernement et le patronat en sont conscients. Ainsi, le journal patronal les Echos écrivait mardi dernier « Chacun sait en réalité que les seuls rendez-vous qui comptent sont ceux de la rue et de l’opinion. C’est d’eux que dépend l’avenir de ce contrat de travail réservé aux jeunes de moins de 26 ans et qui représente une vraie nouveauté dans le droit du travail. »

Effectivement, le gouvernement a entrepris une attaque de taille contre nos droits du travail. Son but, ce n’est rien moins que la fin du CDI.

Le 7 février dernier, à l’appel des organisations syndicales, des salariés s’étaient joints aux cortèges étudiants et lycéens. Ce début de mobilisation, en quelques semaines, a fait comprendre beaucoup plus largement ce que visait cette loi scélérate. La majorité de l’opinion est contre, désormais. Reste à montrer notre détermination dans la rue.

Etudiants, lycéens, salariés : Tous ensemble mardi 7 mars !

Le 7 mars prochain, une journée de manifestation commune est à nouveau organisée à l’échelle nationale par les syndicats, mais aussi par les organisations et coordinations étudiantes et lycéennes. En 1994, Balladur, même après avoir fait voter le CIP (le « Contrat d’Insertion Professionnelle », dit le « smic jeunes ») à l’assemblée, avait dû retirer la loi devant les manifestations de rue. Oui, ce sont bien les « rendez-vous de la rue » et la crainte de voir se prolonger la mobilisation d’ensemble, qui feront reculer Villepin. Saisissons-nous de cette journée pour aller manifester et crier avec les jeunes que nous exigeons le retrait du CPE et du CNE.

Ce sera un excellent début pour lancer la contre-offensive.