Le virus à l’école : « Il est passé par ici, il repassera par là »... qui l’aura ?
vendredi 24 avril 2020
Alors que le débat sur le retour en classe à partir du 11 mai se développe, et que nous ne disposons pas de chiffres précis sur la propagation de l’épidémie, faute de tests massifs, une enquête intéressante vient d’être publiée par l’Institut Pasteur.
Fin mars-début avril 2020, des chercheurs de l’institut ont mené une étude épidémiologique et sérologique auprès de 661 personnes, toutes liées à un lycée de Crépy-en-Valois (un des tout premiers « clusters », foyers d’apparition du virus et de la maladie en France, où un enseignant en collège est décédé fin février) à partir d’un test de détection associé à trois tests sérologiques.
Sur les 661 personnes testées, 171, soit 26 %, étaient porteuses d’anticorps du Covid-19. Le taux de pénétration du virus est très inégal selon le rapport au lycée. Il est de 11 % chez les parents des lycéens et de 10 % chez leurs frères et sœurs. Mais il atteint 38 % chez les élèves du lycée, 43 % chez les enseignants et 59 % parmi le personnel administratif. Parmi les infectés, une part importante n’a pas eu de symptômes, 17 % au moins.
Une des conclusions de l’enquête est que les vacances scolaires d’hiver et le confinement à partir du 4 mars ont permis un ralentissement de la propagation du virus.
La crainte d’un rebond de l’épidémie en cas de réouverture des établissements scolaires n’est donc pas une vue de l’esprit ! Ni celle d’une décision politique non dite faisant primer la reprise économique sur notre santé, s’appuyant sur l’immunité collective si compliquée à atteindre… et si risquée !