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Note du 19 mars 2020

vendredi 20 mars 2020

Malgré l’hypocrite consigne présidentielle et les prétendues annonces de fermetures de sites, des milliers d’entreprises qui ne sont pas d’utilité vitale, forcent toujours leurs salariés à venir travailler, au moins en partie, comme dans la chimie ou l’automobile (constructeurs et équipementiers) et ailleurs : la production d’abord, la santé ensuite ! Tout cela dans une désorganisation souvent la plus totale… Et en jouant parfois sur leur rôle soi-disant essentiel pour la lutte contre le virus mais cela dans une opacité crasse, à l’instar de la chimie ou des trains de fret : l’affrètement de produits nécessaires à la lutte contre le virus vient justifier un trafic bien plus important sur certaines lignes.

Les discours des ministres du gouvernement vont d’ailleurs depuis plusieurs jours dans le sens de répondre à « l’urgence économique » : il ne faudrait surtout pas que l’économie s’arrête. Et cela, dans les faits, quitte à sacrifier l’urgence sanitaire. Tant pis pour nos santés et les efforts de maîtrise de la contamination ! La palme revient à Muriel Penicaud qui s’est distinguée par une sortie particulièrement choquante en encourageant les patrons du BTP et d’autres à faire bosser leurs salariés ! Dans une circulaire, Castaner rappelle lui ses flics à l’ordre (qui faisaient certainement du zèle depuis mardi) : il s’agit que « la vie économique de la Nation soit la moins impactée possible ». « Sauver l’économie » passe aussi par l’annonce du plan de sauvetage financier de la Banque Centrale Européenne, prête à couvrir des rachats de titres pour 750 milliards d’euros, dans une tentative pour « rassurer » les marchés. Bref, les Etats à la rescousse du patronat - et renvoi d’ascenseur ! - avec tout l’attirail : plan d’urgence, possibles nationalisations pour socialiser les pertes, etc.

Mais les travailleurs sont loin de se laisser faire par rapport à cette situation. D’après les infos qu’on peut récolter directement ou via la presse, on voit s’exercer depuis lundi des droits de retrait partout en France (malgré la pression financière qui pousse certains à vouloir continuer à travailler dans certaines boîtes) : à la Poste, aux usines PSA, chez Valeo, aux Chantiers de Saint-Nazaire, chez Amazon ou dans les transports… Au-delà des droits de retrait en tant que tels, on voit partout des travailleurs qui, à raison, s’opposent au fait qu’il s’agirait de continuer à travailler normalement malgré les conditions ! D’autant plus que les incitations au travail se doublent souvent de l’absence de mesures sanitaires les plus « simples » : les salariés devant travailler sans pause, sans gel hydro-alcoolique, sans masque, sans gants. Ce sont ces réactions qui poussent le plus souvent les entreprises à modifier leurs plans, au grand dam du Medef dont le président-délégué a déclaré mercredi soir : « Les entreprises ne sont plus en mesure de poursuivre leurs activités sous la pression des salariés »

Un autre trait marquant qui ressort de beaucoup d’entreprises est l’apathie de beaucoup de structures syndicales, silencieuses et/ou très timides pour susciter ou ne serait-ce que tenter d’organiser les réactions des salariés…

Mots-clés Note politique