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Coronavirus

Note du 17 mars

mercredi 18 mars 2020

Ce soir, à nouveau un représentant du pouvoir à la télé : Edouard Philippe, après Castaner, Blanquer et Macron hier. Leur morale et appels au civisme et « union nationale » peuvent-ils avoir une portée, si ce n’est auprès de leurs soutiens acquis et cireurs de pompes ?

A voir, à discuter évidemment, mais bien peu probable et Philippe n’était pas si à l’aise ce soir face aux journalistes qui leur retransmettait des questions venues d’en bas. Car ils sont toujours dans le déni de leur propre responsabilité en matière de propagation du virus, liée aux dégâts de leur politique de santé. Ils en appellent donc à la population et sa responsabilité, aux hospitaliers et leur dévouement (félicitons-les !), usent à la fois de la carotte et du bâton (attention aux amendes pour non présentation de la fameuse attestation de sortie, mais bien sûr vous comprenez et allez agir en conséquence).

Et toutes leurs incohérences passées et criantes (appels au confinement mais organisation du premier tour des municipales ; appels à se protéger mais manque de moyens fournis) ; tous leurs revirements en matière de confinement nécessaire, etc., ils les « justifient » par des « avis de scientifiques », des « avis de médecins »... science et médecine ont bon dos.

Sans compter qu’ils persévèrent à prôner des mesures qui protègent celles et ceux qui le sont déjà et bénéficient d’un certain statut social mais continuent à menacer les plus pauvres ; à promettre des milliards et milliards au patronat, mais aucune garantie de sauvegarde d’emplois pour les travailleuses et travailleurs touchés de plein fouet. Les plus riches peuvent partir dans leurs résidences secondaires mais les familles des quartiers auront bien du mal à rester enfermées dans leurs logements de carton pâte. Les enfants des milieux privilégiés auront un enseignement de remplacement mais les gosses de prolos n’auront probablement accès à rien. Les sans abris et migrants laissés à la rue devront bien y rester, même sans attestation de sortie !

Et surtout tous les travailleurs, de bien des entreprises et des services sont condamnés à continuer à aller au boulot là où ils savent que c’est risqué et pourtant pas indispensable à la communauté. Et quand les entreprises ferment, c’est davantage en fonction de leurs difficultés économiques à fonctionner qu’en fonction de critères sanitaires et humanitaires. JP Mercier le dénonce à juste titre dans une petite vidéo [1].

Et c’est vrai pour une kyrielle d’entreprises, à commencer par celles des transports ou La Poste où, si les directions sont obligées de reculer et d’accepter que de moins en moins de salariés viennent travailler (révulsés par l’absence de toute protection au boulot), c’est devant l’extension des droits de retrait, congés maladie - bref un refus venu d’en bas qui commence à ressembler à une onde de colère rampante... Ici ou là, en particulier à la Poste mais aussi à la SNCF, à la RATP, dans la Chimie et autres secteurs, des militants politiques (d’extrême gauche) et syndicaux organisent cette fronde... tandis que les directions syndicales restent étrangement muettes (à vérifier peut-être, sont-elles impressionnées par la prétendue union sacrée ?).

Dans des conditions pourtant bien difficiles, la fronde s’exprime. S’y ajoutent des discussions politiques, par une multitude de réseaux sociaux, quand ce n’est pas de vive voix. On retrouve en fait ce qui existait avant l’éclatement de cette crise sanitaire et sa gestion à la mode capitaliste : la colère qui a marqué les mouvements de ces derniers mois et années. Macron lui-même semble encore la craindre, ou pourquoi aurait-il annoncé le report de sa réforme des retraites ? Il est certain que rien n’est perdu du potentiel de mécontentement, même s’il faut trouver de nouvelles formes... La mobilisation dans un centre de tri de Lille amène un postier du rang à dire « c’est ma première grève mais là ça vaut le coup ». Il faut suivre de près... et intervenir autant qu’on peut dans cette étrange situation.


Mots-clés Note politique