Pour affirmer les intérêts du monde du travail, votez pour les candidats de Lutte Ouvrière
lundi 3 juin 2002
Point besoin de lire les programmes des candidats de droite pour savoir ce que Chirac et ses acolytes nous préparent. Le gouvernement Raffarin en donne déjà le ton. Même le moindre coup de pouce au Smic lui paraît dangereux pour les patrons. Les réductions d’impôt qu’il promet ne seront sensibles que pour les gros revenus. La loi des 35 heures, qui sous la gauche était déjà une duperie, il compte l’assouplir. Et l’un des ses premiers objectifs est, dit-il, la réforme des retraites, c’est à dire une attaque en règle contre les retraites des travailleurs.
Dans l’espoir de récupérer quelques voix de Le Pen, ce nouveau gouvernement, avec son discours sécuritaire et ses déclarations sur la « maîtrise de l’immigration », fait de la surenchère sur la démagogie réactionnaire et xénophobe du Front national. Du Le Pen sans Le Pen, pour l’instant, mais avec déjà les amis de celui-ci, Blanc, Millon ou Soisson, que Chirac s’est empressé de reprendre dans ses rangs.
Quant aux politiciens de gauche, qui nous avaient présenté Chirac comme un rempart contre Le Pen, ils en sont à se lamenter de voir Chirac se comporter « en chef de parti » qui ne tiendrait pas compte de leurs voix. Mais pourquoi leur ferait-il des cadeaux ? Ce sont eux qui, en multipliant les cadeaux au patronat, en menant pendant cinq ans une politique anti-ouvrière, ont fait le lit de la droite et lui ont préparé le terrain.
La réforme des retraites, sur laquelle Juppé avait reculé en 1995, c’est le gouvernement Jospin qui a commencé à en poser les jalons ces derniers mois. Et il comptait, lui aussi, en faire l’un des premiers dossiers de son nouveau mandat. La privatisation d’EDF qui se profile à l’horizon, le gouvernement de gauche l’avait déjà programmée, après avoir privatisé notamment France-Télécom et Air-France. Les licenciements, c’est Jospin lui-même qui a dit, à propos de Moulinex, qu’il n’était pas du ressort d’un gouvernement de s’y opposer, c’était la liberté des patrons. Un gouvernement de droite n’aura plus qu’à en rajouter, dans la même veine.
Hollande voudrait nous faire croire que le seul vote utile serait de voter pour le PS et ses alliés, afin de reconduire le tandem, président de droite Premier ministre de gauche, qu’on a subi pendant cinq ans. Dès le premier tour, dit-il, car il n’y aura pas de session de rattrapage au second. Mais cette gauche gouvernementale ne mérite de la part des travailleurs ni confiance, ni même indulgence du jury.
Le plus utile pour nous travailleurs dans ces élections, c’est de faire entendre notre propre voix. C’est de nous prononcer clairement pour un programme de défense du monde du travail, ce programme que représentent les travailleuses et travailleurs qui sont les candidats de Lutte Ouvrière.
Plusieurs entreprises viennent d’annoncer de nouvelles fournées de licenciements. Il faut imposer l’interdiction des licenciements collectifs dans les grandes entreprises, en particulier dans celles qui font des profits, et imposer le contrôle des salariés et de la population sur leurs comptes.
Il faut supprimer les subventions au patronat et, au contraire, créer directement dans les services publics, les hôpitaux, les transports, l’éducation… les centaines de milliers d’emplois qui y manquent. Pour financer ces emplois, ce sont les impôts sur les plus hauts revenus et sur les bénéfices des sociétés qu’il faut augmenter.
Il faut relever les salaires ainsi que les minima sociaux et les retraites.
Hollande n’aura peut-être pas sa session de rattrapage. Les travailleurs, oui. Car ces mesures, que nous devons être nombreux à approuver dimanche prochain, nous pourrons les imposer par nos luttes, quel que soit le gouvernement, de droite homogène ou de cohabitation gauche-droite, qui sorte des urnes.
Face aux partis bourgeois, de droite ou de gauche, au service des patrons, contre l’extrême droite, la pire ennemie des travailleurs, voter pour les candidats de Lutte Ouvrière, c’est renforcer notre camp.
C’est préparer la riposte du monde du travail.