Tous ensemble, le 21 juin, disons NON à la nouvelle précarité
dimanche 19 juin 2005
Trafalgar, Waterloo, on a eu droit à toutes les dramatisations pour qualifier l’échec des dernières négociations de marchands de tapis au conseil européen de Bruxelles. Mais depuis déjà 50 ans qu’ils s’empaillent, c’est pas la première fois que ça capote ! Leur Europe, celle de la circulation débridée des capitaux et des marchandises, pour le profit des multinationales qui saignent le monde, n’a jamais avancé que cahin-caha. Et toujours des guéguerres pour raison de gros sous.
Aujourd’hui, Chirac et Blair en arriveraient à brûler à nouveau Jeanne d’arc ! Le premier, pour préserver le budget de la PAC, c’est-à-dire les privilèges des grands trusts français de l’agro-alimentaire. Le second, pour préserver le « rabais » que la mère Thatcher avait arraché pour l’Angleterre ! Mais ne nous y trompons pas. Dans cette foire d’empoigne, ce ne sont pas les intérêts des peuples qui sont défendus. Tout au contraire.
Blair comme Chirac mènent la même guerre contre les travailleurs. De part et d’autre de la Manche, ils poussent tous le bouchon vers le maximum précarisation. On en connaît un nouvel épisode ici.
Le gouvernement de Villepin s’illustre par de nouvelles soldes d’été offertes aux patrons. En « promo », la « suppression totale des charges patronales de sécurité sociale au niveau du SMIC à l’horizon 2007 » et surtout le « contrat nouvelle embauche », avec période d’essai de 2 ans. Tout nouvel embauché sera licenciable sur le champ ! L’offre s’adresse aux petites entreprises, mais menace d’être généralisée.
Ces mesures ne seront guère plus efficaces, contre le chômage, que les mirifiques cadeaux fiscaux, sociaux, faits aux patrons par les gouvernements de gauche ou de droite précédents... puisqu’elles sont de la même veine. Au mieux y aura-t-il quelques chômeurs en moins mais des précaires en plus. Et une baisse générale des salaires.
Autre angle d’attaque pour accroître la précarité de tous les salariés : la poursuite de l’offensive contre les immigrés. Les étrangers ne seraient acceptés en France que dans la mesure où ils sont exploitables dans telle catégorie, de telle branche. Selon les stricts besoins patronaux. En durcissant encore les conditions d’immigration légale, le gouvernement favorise l’immigration clandestine. Bref, il offre au patronat une main-d’œuvre encore plus exploitable et sous-payée. Particulièrement dans le bâtiment, la restauration, le nettoyage ou l’agriculture.
Face à ces attaques, en particulier la « bombe » que représente cette embauche avec période d’essai de 2 ans, que fait la soi-disant opposition de gauche ? Rien. Aucune proposition de riposte. Au sortir du référendum, les milieux politiciens de gauche, ceux qui ont appelé au Non comme ceux qui ont appelé au Oui, Fabius comme Hollande, n’ont qu’une idée en tête : les prochaines élections. Leurs états-majors planifient, non pas la réaction du monde du travail, mais ces futurs congrès où ils choisiront leurs poulains pour les présidentielles de 2007, et les meilleures alliances pour conserver ou gagner des députés, et des ministres ! Et la gauche de la gauche comme les autres. Le PCF concentre ses efforts militants autour d’une pétition... pour obtenir du gouvernement qu’il renégocie à Bruxelles le traité constitutionnel ! Plus important, semble-t-il, pour Buffet que la précarité et le chômage accrus qui nous menacent tous !
Face aux attaques du nouveau gouvernement, la seule proposition dont nous pouvons et devons nous saisir est celle qui a été faite par le dirigeant de la CGT Bernard Thibault, d’une journée nationale et interprofessionnelle ce mardi 21 juin. Certes, tout reste bien flou ! Certes, il n’y a pas partout d’appel à arrêter le travail ! Des manifestations sont prévues, mais comment pourront-elles être massives, sans appel à débrayage ? La FSU et SUD, ici ou là s’associeraient, mais sans plus appeler à la grève que la CGT. Quant à Cherèque, pour la CFDT, il a tout de suite dit non. Ce serait prématuré, le rigolo !
Une telle journée est pourtant le minimum qui s’impose. Saisissons-nous de l’occasion de ce 21 juin pour marquer le coup. Ensuite, restera à démarrer vraiment la contre-offensive nécessaire.