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Remettre la société à l’endroit ? Chiche !

lundi 25 octobre 2004

Il y a dans ce pays de plus en plus de riches qui payent l’impôt de solidarité sur la fortune : il paraît que c’est grave et le gouvernement vient de décider l’indexation du barème de l’ISF sur l’inflation…

La hausse des prix, parlons-en : au 1er novembre, la facture d’électricité augmentera de 3 % et celle de gaz de 7 à 9,5 %. Quant au fioul domestique, qui sert au chauffage d’un tiers des logements en France, son prix a grimpé de 31,7 % depuis le début de l’année. Le prétexte à ce racket des consommateurs ? La hausse des cours du pétrole. C’est aussi au nom de la flambée du baril que depuis un an le prix du gazole à la pompe a augmenté de plus de 25 % et celui du sans plomb de 12 %. En fait bien plus largement, ce sont toutes les dépenses courantes et incompressibles qui sont toujours plus élevées : il faut compter + 5,1 % en moyenne pour le prix des loyers depuis janvier 2004, + 2,8 % pour les transports publics, + 3 % pour les dépenses d’alimentation…

Et toutes ces hausses, au profit de qui ? Des grands groupes pétroliers bien sûr, qui se réjouissent de la pénurie d’or noir, voire l’organisent pour continuer à faire monter les cours… Mais aussi de toutes les grandes marques de distribution, comme Carrefour, Leclerc ou Auchan, qui profitent de leur position de quasi monopole pour nous vendre tous les produits de première nécessité au prix fort. La campagne de Sarkozy sur les baisses de prix dans les grandes surfaces n’est que poudre aux yeux et ne trompe personne. L’Etat lui aussi peut se frotter les mains, car toutes ces hausses représentent autant de rentrées d’argent supplémentaires dans ses caisses, par le biais de la TVA, impôt inégalitaire entre tous, puisqu’il ne tient pas compte des revenus. Les taxes sur les produits pétroliers sont un bon exemple de cette manne fiscale à venir, puisque sur les prix à la pompe, la part des taxes de l’Etat s’élève à 65,8 % sur le gazole et de 73 à 74 % pour le sans plomb ! Sarkozy peut bien promettre après toutes les hausses une prochaine baisse de l’essence – de l’ordre de un centime – pour le 1er décembre !

Qu’on se rassure. Ce surplus de recettes fiscales va bien sûr être redistribué… surtout aux plus fortunés ! En projet : une nouvelle réduction d’impôts pour la minorité de nantis qui se paie des salariés à domicile, une franchise d’impôt sur les héritages de 100 000 €, la prolongation de l’exonération de charge professionnelle pour les investisseurs, etc. En bref, toujours plus de cadeaux à la « France d’en haut  », c’est ce que Sarkozy appelle « réconcilier les Français avec la réussite et réhabiliter le travail » et « contribuer à remettre la société à l’endroit » !

A l’endroit, la logique de ce gouvernement consistant à ponctionner les travailleurs et les classes populaires pour donner aux riches ? Un monde de fous, où il existe l’échelle mobile de l’impôt sur la fortune, mais où nos salaires sont gelés depuis vingt ans ! Vingt ans que nous perdons toujours plus de pouvoir d’achat. Les salariés n’ont pas eu ces dernières années les moyens de répercuter l’inflation dans leurs salaires, alors que les patrons, eux, l’ont fait passer dans leurs prix tout en bénéficiant de réductions d’impôts.

Pas étonnant qu’il y ait de plus en plus de pauvres gens qui n’arrivent plus à payer leurs factures à qui on coupe le gaz et l’électricité, de plus en plus de familles qui n’arrivent plus à payer leur loyer et qu’on jette à la rue. La dernière accélération des hausses dégrade à toute vitesse nos conditions de vie. Cela n’empêche pourtant pas patrons et gouvernement de prétendre que les coûts de la main d’œuvre sont trop élevés en France, et de s’en servir de prétexte pour nous faire du chantage à l’emploi, faire accepter des réductions de salaires ou des heures supplémentaires non payées.

Comme les pêcheurs, les paysans, les transporteurs routiers, les ambulanciers ou les artisans taxis, les salariés doivent se faire entendre. Ensemble nous devons exiger le rattrapage de notre pouvoir d’achat par une augmentation mensuelle immédiate de 300 € par mois pour tous et l’indexation des salaires sur les prix, c’est-à-dire l’échelle mobile.