La guerre impérialiste se mène contre tous les peuples
lundi 29 octobre 2001
Après trois semaines de bombardements américains sur l’Afghanistan, la « croisade » de G. Bush ne débouche sur aucune perspective autre que celle de nouveaux massacres d’innocents, tout autant insupportables que les attentats de New York et de Washington. Le spectacle de cadavres d’hommes, de femmes, d’enfants, alignés dans les décombres de leurs misérables abris, celui de l’exode des populations fuyant désespérément la guerre et tentant de franchir les frontières de pays voisins, n’affaiblissent en rien l’odieux régime réactionnaire des Talibans ni de son allié le milliardaire Ben Laden. Il ne peut au contraire que le renforcer, attiser la haine envers l’Amérique et les puissances occidentales, malheureusement pas seulement envers leurs seuls dirigeants politiques.
Des volontaires pour la guerre aux côtés des Talibans ont ainsi afflué par milliers ces derniers jours dans une ville frontalière du Pakistan, tandis que des Chrétiens étaient massacrés dans une autre ville. Des risques d’extension du conflit menacent au Pakistan et dans d’autres pays musulmans. Des régimes alliés de l’Etat américain, comme la monarchie régnante d’Arabie Saoudite – par l’intermédiaire de laquelle les Etats-Unis s’assurent le contrôle des richesses du pétrole – ou encore d’autres, pourraient ne pas résister à la colère populaire et amener les dirigeants des puissances occidentales à d’autres interventions militaires. Le massacre de 50 personnes en dix jours par Sharon et l’armée israélienne, profitant des circonstances pour faire avancer leur politique d’annexion en occupant à nouveau plusieurs villes des territoires palestiniens, contribue à faire monter la tension et participe à l’engrenage de cette guerre que G. Bush a annoncée de longue durée.
Le peuple afghan en paye jusque-là le plus fort prix, mais le peuple américain n’y gagne rien, au contraire. Ni la justice ni la sécurité ne lui sont rendues. L’anthrax – qu’il soit diffusé par des hommes de la nébuleuse de Ben Laden ou par des alliés de circonstance dans l’extrême-droite américaine – menace davantage les simples travailleurs que les responsables de la politique américaine. Alors que G. Bush, les ministres, les membres du Congrès, faisaient l’objet des meilleures précautions, les postiers manipulant le courrier, pourtant en première ligne, avant d’avoir compté des morts dans leurs rangs n’ont même pas eu droit au moindre avertissement ni au moindre contrôle ! Comble, ils n’ont en principe même pas le droit de grève ! Profitant de l’état de guerre et cultivant le réflexe « d’union sacrée » les dirigeants américains et le patronat voudraient d’ailleurs bien s’en prendre au droit de grève de tous les travailleurs et font pression dans ce sens.
En attendant G. Busch a fait voter pour quatre ans une loi dite « patriote » permettant de passer la garde à vue des étrangers de 48 H à 7 jours, de brancher sur écoutes, saisir les e-mails et perquisitionner les ordinateurs de n’importe quel citoyen… Bref d’ouvrir la porte à tous les arbitraires. Sans oublier que les licenciements se sont multipliés et les cadeaux au patronat au détriment des budgets sociaux parallèlement. Sans oublier que les contribuables vont avoir à financer les dépenses militaires et un nouvel envol de la course aux armements.
Ces mesures font grimper les actions des industries militaires. Et les industriels de la pharmacie comme Bayer peuvent aussi se réjouir : après avoir plongé en Bourse, leurs actions remontent à toute vitesse, grâce aux antibiotiques permettant de soigner l’anthrax dont ils gardent le monopole de la fabrication… sous la haute protection de l’Etat américain.
La guerre ne sert jamais que les intérêts d’une minorité de profiteurs voulant imposer leur loi, mais c’est toujours aux peuples qu’on la fait payer.
Chirac et Jospin ne ratent pas pour autant une occasion de proclamer leur solidarité avec G. Bush. Et bombant le torse, ils lui assurent que « la France » pourrait lui rendre davantage de services en s’engageant plus avant militairement. Eux aussi rêvent d’une « union sacrée » qui fasse disparaître les grèves, facilite les licenciements, aide à pressurer encore davantage les travailleurs et réduise au silence les opposants à leur politique. Non à la sale guerre ! Mobilisons-nous pour les empêcher de nuire.