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Le terrorisme de G. Bush ne combat pas celui de Ben Laden

lundi 15 octobre 2001

S’il arrive aux bombes américaines de manquer leur cible, elles ne ratent pas la population afghane. Depuis maintenant plus d’une semaine, celle-ci fait les frais du terrorisme de G. Bush et paye pour les crimes dont elle n’est en rien responsable. Les victimes dans le pays se comptent déjà par centaines, et avec tous ceux qui fuient, condamnés à la famine, à errer sur les routes ou à se réfugier dans des camps de misère, c’est par dizaines de milliers, voire par centaines de milliers, que les morts seront d’ici peu dénombrés.

Est-ce cela la justice rendue aux victimes des attentats de New York et de Washington ? Est-ce l’annonce d’une plus grande sécurité demain pour le peuple américain, d’ores et déjà saisi par la psychose d’une attaque biochimique à l’anthrax ?

« Les forces américaines ont atteint les objectifs de la première phase » ne s’en vante pas moins G. Bush. Mais loin d’avoir fait reculer le terrorisme – bio ou pas – en montrant une fois encore que l’Etat le plus riche et le plus puissant du monde le pratique à la plus grande échelle, il n’a malheureusement fait que soulever parmi les populations les plus pauvres des pays à majorité musulmane, des réflexes de solidarité avec les Talibans et leur allié le milliardaire Ben Laden, ces réactionnaires assoiffés de pouvoir, pas moins bourreaux des peuples sous leur emprise que les dirigeants américains.

Ben Laden n’est qu’un sous-produit de l’Etat américain. Tout le monde sait maintenant qu’il fut investi et financé par la CIA pour monter ses réseaux à l’époque de la guerre contre l’URSS en Afghanistan. Et aussi que sa fortune et ses intérêts sont liés de longue date à ceux des monarchies et des banquiers des pays pétroliers du Golfe et étroitement entremêlés à ceux des financiers des grandes puissances occidentales. Il a même à l’occasion sponsorisé un certain nombre de politiciens américains pour défendre ses intérêts, jusqu’à la famille Bush elle-même.

Ben Laden essaye aujourd’hui de se faire passer pour un combattant de la cause palestinienne, mais quand avec la CIA en Afghanistan il agissait contre l’URSS, il n’était en rien gêné par la politique et la solidarité totale des dirigeants américains avec l’Etat d’Israël, alliés contre les Palestiniens. S’il parvient par ses déclarations récentes, en dépit de ce qu’il est réellement, à se faire passer maintenant pour un champion de la cause palestinienne, c’est encore une fois à l’impérialisme américain qu’il peut dire merci.

Reste que cette guerre n’a rien à voir avec une quelconque lutte contre le terrorisme et pour la démocratie, à laquelle on voudrait nous faire croire ici. Les Etats-Unis, comme la France, comme la Grande Bretagne et autres grandes puissances, ont toujours soutenu et même mis au pouvoir les dictatures les plus sanglantes et les plus réactionnaires. Elles n’ont jamais montré aucune compassion pour le sort que celles-ci réservaient à leur population, pourvu que les intérêts, économiques ou stratégiques de l’impérialisme occidental y trouvent leur compte.

Au-delà de l’odeur de la mort, cette guerre sent le pétrole. Elle sent aussi beaucoup trop le fric, même si celui-ci est réputé ne pas avoir d’odeur. Dans les pays occidentaux – aux Etats-Unis d’abord mais ça vient en Europe – elle fournit immédiatement le prétexte aux capitalistes pour mener une guerre sociale plus dure contre les travailleurs : précipiter les licenciements et les atteintes au niveau de vie des salariés, diminuer les budgets sociaux pour augmenter les aides des Etats aux grosses sociétés, relancer une coûteuse course aux armements bénéfique au seul taux de profit capitaliste, s’en prendre aux libertés démocratiques et justifier une emprise croissante de l’appareil policier.

Démarré en Afghanistan, ce conflit peut demain s’étendre à d’autres pays et avoir des répercussions désastreuses à l’échelle de toute la planète. C’est pourtant cette sale guerre que les Chirac, Jospin et autres veulent nous faire approuver… et payer. Car n’en doutons pas, elle aura un prix aussi pour nous.

Ne marchons pas dans cette duperie qui prépare à toute la société une nouvelle ère de régression sociale et de barbarie.