Pour leur sale guerre : pas un sou, pas un homme !
lundi 8 octobre 2001
Il n’aura pas fallu longtemps pour ôter toute illusion à ceux qui voulaient encore croire à la guerre d’un « type nouveau » annoncée par Bush. Non l’intervention militaire ne se limitera pas à quelques opérations de commandos bien ciblées, doublées d’une opération humanitaire pour sauver le peuple afghan en détresse et le débarrasser d’un régime haïssable. Le fracas des missiles sur Kaboul et sur d’autres villes afghanes ont réglé définitivement le compte à cette fable, destinée essentiellement à faire avaler à l’opinion publique les préparatifs de guerre.
Les bombardements commencés dimanche – et qui, nous disent les dirigeants américains, doivent se poursuivre avant la mise en œuvre d’autres opérations – ont une fois encore frappé des civils en même temps que des objectifs militaires, de la même façon que les prétendues « frappes chirurgicales » en Serbie ou en Irak. Ce sont par ailleurs les troupes de « l’Alliance du Nord » qui ont été le fer de lance des premières offensives terrestres, ces bandes armées d’Afghans soutenues et approvisionnées par les puissances occidentales et la Russie. Les grandes puissances préférant autant que possible, comme à leur habitude, placer en première ligne d’autres troupes que les leurs dans cette nouvelle boucherie. Dans le décompte macabre, il ne faut pas oublier au chapitre des « dégâts collatéraux », qu’avant même les premières opérations, la mobilisation de l’appareil militaire américain et britannique a provoqué un exode parmi la population, déjà à la merci de conditions de vie terribles à la suite des conflits précédents, avec de nouvelles victimes par milliers à la clé. Non il n’y a pas de guerre propre, il n’y a que des sales guerres !
Chirac, Jospin et d’autres seconds couteaux, se proposent pourtant de nous enrôler dans cette nouvelle « croisade », donnant en notre nom leur caution à Bush et lui promettant un appui répondant à sa demande. Mais pourquoi faudrait-il que nous nous rangions derrière ces « va-t-en-guerre » toujours prêts à mettre en jeu la peau des autres ?
Une guerre contre le terrorisme, pour la liberté et la démocratie ? Allons donc ! Les gouvernants des Etats-Unis et des grandes puissances n’ont pas été gênés de défendre le pouvoir odieux des Talibans tant qu’il ne portait pas atteinte à leurs intérêts et à ceux de leurs capitalistes. Tout comme ils ne sont pas gênés de soutenir et surtout de mettre en place partout dans le monde les dictatures les plus réactionnaires et les plus sanglantes, pour mieux exploiter les pays pauvres. Aujourd’hui encore – c’est eux qui le disent – ils seraient prêts à pactiser avec le pouvoir des Talibans ou une partie de celui-ci, s’ils se débarrassaient de Ben Laden. Au même titre qu’après avoir bombardé la population irakienne, ils ont préféré sauver la mise à Saddam Hussein dans le seul but de maintenir la stabilité au Moyen Orient et garantir leurs intérêts pétroliers dans la région.
Avant même que la guerre ait commencé, nous voyons bien à qui les gouvernements des grandes puissances veulent la faire payer. A son peuple qui a déjà subi les attentats de plein fouet, Bush a annoncé que ce sera long et qu’il y aura des morts. Pour les travailleurs américains la période débute par une rafale de licenciements et en revanche pour les patrons licencieurs, dont le seul acte patriotique consistera à maintenir leurs profits, par la distribution de subventions de l’Etat. En Europe et en France, ce sera également à nous travailleurs que l’on présentera la facture. Si ce n’est pas l’impôt du sang – mais nul ne sait vraiment ce que nous réserve l’avenir – ce sera également l’accélération des licenciements, la réduction des budgets sociaux, la baisse des salaires.
Il est indispensable de montrer que nous ne marcherons pas, que nous ne voulons en aucune façon payer pour faire la guerre à des peuples plus pauvres que nous.
Des manifestations contre la guerre sont prévues pour jeudi 11 octobre. Les syndicats appellent par ailleurs le 16 octobre à des actions contre les licenciements, pour les salaires et le maintien de la protection sociale. Saisissons l’occasion de montrer que nous refusons de nous laisser enrôler, répondons massivement à ces appels.