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Nouvelle vague de licenciements : plus que jamais tous ensemble !

lundi 2 juillet 2001

Le patronat et le gouvernement Jospin ne prennent pas de vacances quand il s’agit de s’en prendre aux travailleurs. Les mauvais coups continuent et même les études statistiques officielles sont obligées de le reconnaître : le chômage repart à la hausse. Cette envolée ne tient pas encore compte des plans de licenciements massifs de mai et juin comme ceux de Marks & Spencer, LU-Danone, Bata. Ni même les milliers de suppressions de postes annoncées la semaine dernière, dans des secteurs de pointe des hautes technologies, comme Philips, Alcatel, ou Cap Gemini.

Mais avant même ces annonces, ce sont des centaines de petites entreprises sous-traitantes qui sont touchées rejoignant le cortège silencieux des licenciements. Car, il faut le savoir, 85 % des suppressions de postes se font aujourd’hui dans ces petites unités. A cela il faut ajouter les licenciements massifs des travailleurs en intérim ou autres précaires, les fins de missions, qui se développent : dans l’automobile, dans le secteur de la téléphonie mobile entre autres.

L’exemple d’Alcatel est significatif à plus d’un titre. L’annonce par le PDG, Serge Tchuruk, que cette entreprise va se débarrasser de plus de 50 établissements sur la centaine que comporte le groupe, menace plus de 3000 emplois. Les patrons ont leur langage à eux, ils appellent ça « externalisation ». Une fois décodé cela signifie que les actionnaires de ce groupe, déjà florissant, décident de se débarrasser des unités de production pour sous-traiter à moins cher, pour délocaliser. Traduction encore plus claire : une hausse en flèche du cours des actions d’Alcatel en Bourse, saluée par la presse spécialisée.

Avant, si l’on voulait en croire les patrons et leurs défenseurs, les licenciements étaient justifiés par la crise et la récession. Puis ce fut la « croissance », et là les mêmes prétendaient que ce n’était pas grave de licencier puisque les créations d’emplois étaient, soi-disant, plus nombreuses. Aujourd’hui le ralentissement économique nous est présenté comme l’excuse contre laquelle rien ne pourrait être opposé. Or c’est toujours, dans tous les cas, à une croissance des profits des actionnaires et à une croissance du chômage que nous avons affaire ! Expansion ou récession, ce sont toujours aux mêmes à qui ils veulent faire payer les pots cassés de leur système pourri.

Il n’y a en réalité pas de fatalisme économique. Il n’y a que des choix politiques et des rapports de forces.

Le gouvernement de la Gauche Plurielle ne fait rien pour entraver les projets patronaux. Il ne fait rien pour interdire les licenciements, même pas dans les entreprises qui font du profit. Il ne fait rien contre l’arrogance du patronat. La loi dite de « modernisation sociale » est un ridicule effet d’annonce sans efficacité contre les attaques de ce patronat qui se croit de droit divin et jette des milliers de familles à la rue, ruinant des régions entières. Au contraire il enrichit ces actionnaires avec des aides publiques, bloque les salaires dans la fonction publique, limite les aides sociales, sabre les retraites. Et après avoir créé quatre SMIC différents, il les maintient à des niveaux dérisoires.

La CGT par la voix de son dirigeant Bernard Thibault, parle aujourd’hui de la nécessité d’une riposte tous ensemble à la rentrée. Nous sommes bien d’accord, c’est ce qu’il faut. Et il aurait même été préférable que les grandes confédérations, la CGT et les autres, au lieu de s’abstenir, réagissent dès le début contre ces licenciements massifs, le 9 juin en particulier, en apportant leur soutien à l’initiative des travailleurs de LU et Marks & Spencer et d’autres, pour l’interdiction des licenciements. Mais mieux vaut tard que jamais et une suite au 9 juin s’impose.

Les patrons et le gouvernement poursuivent leur offensive, les travailleurs doivent poursuivre la riposte et l’amplifier. Tous ensemble nous résisterons mieux qu’en nous battant séparément. Nous pourrons contrecarrer l’arrogance des patrons et leur prétendue « logique économique », casser l’assurance du gouvernement, et faire nous-mêmes la loi pour interdire les licenciements dans les entreprises et dans la rue.