Pour l’interdiction des licenciements, il faut continuer la lutte !
lundi 18 juin 2001
A peine trois jours après que le Parti communiste ait participé à la manifestation du 9 juin contre les licenciements, à l’appel des travailleurs de LU-Danone, Marks & Spencers, AOM-Air-Liberté et bien d’autres, ses députés ont voté la loi Guigou dite de « modernisation sociale ». Robert Hue s’est félicité d’avoir permis à la loi de passer. Ce serait le fruit de la politique du PC qui d’un côté participerait aux luttes des travailleurs, en l’occurrence contre les licenciements, et de l’autre interviendrait au sein des institutions pour améliorer les choses.
Dit-il.
Une chose est sûre : le gouvernement est content. Les socialistes qui ont connu des déboires aux dernières élections parce que leur politique mécontente l’électorat populaire, ont à nouveau obtenu la caution du Parti communiste. A bon compte, puisque ce n’est un mystère pour personne que cette loi Guigou n’empêchera pas un seul licenciement.
La loi donne une « nouvelle définition » du licenciement ? La belle affaire ! Les juristes patronaux auront vite fait de trouver les arguties pour la tourner, si besoin.
La loi donne davantage de possibilité de chipoter au comité d’entreprise, y compris de faire nommer un médiateur ? La belle affaire ! Car la décision finale en revient de toute façon au patron. Guigou est formelle. Pas question d’enlever au patronat son droit souverain de licencier !
Enfin la loi oublie les 85 % de licenciés qui le sont par des patrons de petites entreprises où n’existe pas de comité d’entreprise…
Ce bouclier d’opérette qu’est la loi Guigou, même amendée un peu, beaucoup ou passionnément par le PC, ne protégera pas les travailleurs contre les licenciements.
D’ailleurs, pendant que les parlementaires légifèrent, ce qui va durer des mois car il faut des « navettes » entre la Chambre des députés et le Sénat, puis des décrets d’application, etc, etc, les patrons continuent, et se pressent même, à licencier. Cyniques et brutaux. Chez Bata, roi de chaussure. Chez Ericsson, roi de la téléphonie. Chez AOM-Air Liberté, roi du Medef et des faiseurs de fric ! Seillière n’allongera pas un centime pour faire vivre l’entreprise, à partir du moment où lui et sa famille n’en tirent pas le profit maximum. Et LU-Danone annonce l’accélération des fermetures envisagées.
Il ne s’agit pas d’amender les procédures de licenciement, mais de les empêcher, de les interdire, sous peine de réquisition des entreprises qui licencient et de contrôle de la production par les travailleurs eux-mêmes. Ce qu’il est quasiment impossible d’arracher dans une seule entreprise le sera par une mobilisation générale, tous ensemble, dans des milliers d’entreprise du pays.
Les manifestations de ces dernières semaines, contre les licenciements, sont un début. Le combat nécessaire et vital continue !
Rien de ce qui se passe en Algérie ne nous est étranger !
Des manifestants par centaines de milliers, violemment réprimés, ont conspué à Alger la dictature au pouvoir. Ils exprimaient la révolte qui a explosé en Kabylie en avril, suite à l’assassinat d’un jeune dans un commissariat. Les causes sont connues de tous et s’appellent misère et chômage massif. La révolte s’étend peu à peu à tous le pays et n’est pas découragée par la répression qui a fait 100 morts et des milliers de blessés. La cible en est le pouvoir de généraux assassins, sous le voile du pouvoir civil de Bouteflika, qui détourne toutes les richesses du pays, en grande partie au profit des puissances impérialistes, dont française, Chirac et Jospin complices. Les patrons français qui dominent près d’un tiers du marché de l’Algérie faisaient encore des affaires à la foire internationale d’Alger quand les jeunes ont commencé à se faire matraquer.
Toute notre solidarité va aux travailleurs et jeunes d’Algérie. Ce qu’ils vivent est ce que les patrons et gouvernants nous réservent à tous, ici aussi, si nous les laissons faire.