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Tous ensemble, dans la rue et la lutte, pour faire la loi contre le patronat !

lundi 11 juin 2001

L’appel des travailleurs de LU-Danone, Marks & Spencer, AOM-Air liberté, Dim, Valéo, Bull et bien d’autres, immédiatement menacés de licenciement, a été entendu. Avec eux, ce samedi 9 juin, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour crier leur veto à la politique des trusts gloutons et leur exigence d’interdiction des licenciements. Etre croqués par LU, mis à nu par DIM, laissés à terre par AOM, roulés par VALEO, lessivés par LEVER, soldés par SPENCER, ça ne peut plus durer. Contre la loi du fric et de l’exploitation, tous ensemble, on peut et on doit gagner, n’en déplaise aux politiciens, journalistes, économistes bourgeois, amis de Chirac ou de Jospin, qui au lendemain de la manifestation, prônent aux travailleurs le réalisme et la résignation.

On ne pourrait pas empêcher les licenciements ! Ils seraient une maladie inévitable de notre société ! Mais tous ces gens-là vivent grassouillettement, et ne sont évidemment pas, à la différence des ouvriers et ouvrières de chez Bata, en lutte en ce moment même, licenciés après 30 ans d’exploitation pour un salaire de 5200 F par mois ! Nous, non merci, cette chaussure capitaliste-là n’est pas à notre pied !

C’est un point marqué que des milliers de travailleurs des trusts qui licencient se soient retrouvés au coude à coude, dans la rue, avec des syndicats, des associations, des partis politiques, dont le Parti communiste, Lutte Ouvrière et la Ligue Communiste Révolutionnaire.

Ce n’est pas gagné ? Certes ! Ce 9 juin à Paris était une étape. Un avertissement, en tout cas, pour les patrons et le gouvernement qui leur soutient le périnée, de ses deniers et de ses lois, sur les 35 heures, sur le PARE et maintenant sur la prétendue « modernisation sociale ». Car la loi Guigou qui devrait être soumise au vote mercredi prochain, après report de 15 jours nécessité par le désaccord du Parti communiste, ne vaut pas un clou ! Quand bien même certains amendements y seraient apportés, pour accroître les « droits des comités d’entreprise », en fait d’une bureaucratie syndicale qui n’aurait pouvoir que de chipoter sur les décisions patronales et d’imposer 3 ou 4 rounds de palabres aux patrons, avant que ceux-ci n’exercent leur droit, souverain selon Guigou, d’envoyer les travailleurs à l’ANPE !

Il faut d’autres perspectives pour permettre aux travailleurs de reprendre l’offensive, d’autres plans de lutte.

Ceux qui ont dit que la manifestation du samedi 9 juin était politique, pensant ainsi la dénigrer, ne croient pas si bien dire. Oui le clivage s’accroît, entre d’une part ceux qui acceptent la loi du profit, dont ce nouveau projet qui n’empêchera pas un seul « licencié Guigou » d’aller pointer au chômage, et d’autre part ceux qui ne l’acceptent pas, qui ne l’acceptent plus, et dont le nombre grandit. Comme en témoignent à leur façon ces résultats électoraux, passés et à venir, qui dérangent tant la gauche respectueuse !

Et comme le soulignait l’absence ce 9 juin des confédérations syndicales CGT, CFDT ou FO, qui n’ont pas appelé les salariés à se mobiliser et qui rivalisent, non pas pour gagner la confiance des travailleurs par leur ténacité à les défendre, mais pour grappiller quelques nouvelles faveurs gouvernementales, et encore un peu de fric et de prérogatives, en échange de leur acceptation des diktats patronaux.

Les travailleurs finiront bien par imposer leur loi. La loi de la rue et la loi des luttes, car il n’y en a pas d’autre. Les manifestations qui répondent depuis quelques semaines aux nouvelles vagues de licenciements, sur le plan local, et le 21 avril à Calais puis ce samedi 9 juin à Paris, sont des jalons dans une lutte certes difficile mais nécessaire. Il faut continuer à réagir, se rassembler, constituer tous ensemble un bélier contre la politique patronale et gouvernementale de suppressions d’emplois et de précarisation, dans le privé comme dans le public.

Tous ensemble, il nous faut continuer pour imposer entre autres l’interdiction des licenciements dans les grandes entreprises, sous peine de réquisition