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Ensemble pour interdire les licenciements !

lundi 14 mai 2001

A la suite de Lu-Danone, tous les grands trusts multinationaux en France licencient ou s’apprêtent à licencier. Que ce soit des entreprises qui déclarent des profits fabuleux, ou que ce soit celles qui déclarent aujourd’hui des pertes mais ont accumulé des richesses pendant des années et engraissé leurs actionnaires. Tous, de Danone à Marks and Spencer, de Valéo à Aventis, de Delphi à GIAT ou à Alstom ou Moulinex veulent des superprofits, pour tout de suite ou pour demain. Et plus ils annoncent de licenciements, plus ils font monter leur cours en bourse.

Le gouvernement, en dépit de quelques discours de Jospin ou de Guigou, ne prend aucune mesure pour empêcher réellement les patrons de nuire. Pas étonnant alors que Seillière persiste et signe sur les licenciements prévus à AOM-Air Liberté et à Valéo, avec notamment la fermeture des usines Syléa de Vire et Cahors, des entreprises contrôlées par son groupe. Et il faut encore compter avec les sous-traitants et les intérimaires (à Valéo, 3000 intérimaires licenciés sur 17 000).

Chaque semaine apporte son lot nouveau. C’est l’annonce des fermetures d’usines dans la chaussure qui a pris le relais la semaine dernière avec les menaces sur Bata (Moussey), et ce sont aussi les travailleurs de Péchiney (Marignac) qui à leur tour ont fait entendre haut et fort leur refus de s’incliner, en organisant des manifestations importantes dans la région et en bloquant les routes.

C’est à une véritable déferlante de « plans sociaux » que nous sommes confrontés. Nous sommes tous des licenciés en puissance et c’est l’ensemble du patronat qu’il faut faire reculer. C’est la liberté des patrons de licencier pour accroître leurs profits qu’il faut faire rayer du droit. Et pour y parvenir, la force des salariés tous ensemble est nécessaire.

Cela n’a rien d’impossible. Si même une fraction de tous ceux qui se sentent visés par la politique du patronat et de leurs protecteurs au gouvernement, manifestaient ensemble dans la rue, avec leurs familles, leurs amis, cela ferait du monde ! Les salariés isolés, ceux des petites entreprises, des sous-traitants, des intérimaires, des précaires pourraient se joindre à ceux des entreprises plus grandes, qui ont certes plus de moyens de s’organiser pour se défendre mais, quand ils luttent chacun dans leur entreprise, les uns après les autres, n’en ont pas assez pour empêcher vraiment le patronat de licencier.

Même le secteur public, où ceux qui partent en retraite ou préretraite ne sont remplacés qu’en partie, est concerné. On voit bien que le gouvernement donne l’exemple des suppressions d’emplois dans les hôpitaux, les postes, les administrations en rendant des postes précaires ou surchargeant de travail nombre de salariés, créant autant de nouveaux chômeurs. C’est à la fois au patronat et au gouvernement qu’il va falloir imposer un recul. C’est clair au moment où le gouvernement met en application le PARE voulu par le MEDEF, et continue à arroser de cadeaux les patrons licencieurs.

Pour les empêcher de démolir des milliers de vie, en ôtant aux salariés leurs emplois, en cassant des régions entières, en hypothéquant l’avenir de leurs enfants, il faut réaliser la jonction entre tous ceux qui ont intérêt à s’opposer à cette politique désastreuse.

C’est dans ce but que des syndicalistes réunis en début mai, sur l’initiative de ceux de Lu-Danone, d’AOM-Air Liberté et de Marks and Spencer, ont appelé non seulement à ce que les travailleurs participent à toutes les actions proposées par tel ou tel syndicat, localement ou nationalement, et bien sûr à répondre nombreux à l’appel de la CGT du 22 mai, mais aussi pour la suite, à faire un pas de plus dans la mobilisation contre les licenciements, avec une manifestation unitaire tous ensemble à Paris le 9 juin. Et ils demandent à tous les syndicats et toutes les confédérations, à tous les partis politiques et toutes les associations opposés aux plans de licenciements, d’y appeler ensemble.

Oui il faut que nous nous retrouvions tous dans la rue le 22 mai et le 9 juin, avec les licenciés, de Lu à Bata ou Péchiney, et de AOM à Marks and Spencer ou Moulinex !