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Oui à l’appel des LU-Danone, Oui à une grande manifestation de tous les salariés pour imposer l’interdiction des licenciements.

mardi 1er mai 2001

Depuis Danone et Marks & Spencer, pas de jour sans nouveau plan de licenciements. Moulinex vient d’annoncer la suppression de 4000 emplois, dont 1500 en France. Alcatel va fermer deux usines, une en Alsace et une autre à Laval, jetant dehors 1660 salariés. Valeo ferme aussi deux sites, Cahors et Vire, où travaillent 600 personnes. Les 7200 salariés d’AOM-Air Liberté sont en sursis. Siemens supprime 6100 emplois dans le monde, Philips 6000, Unilever 8000… Sans parler des charrettes d’intérimaires jetés comme des kleenex, tel ce « paquet » de 1000 à Citroën-Rennes la semaine dernière.

Aucun travailleur d’aucune entreprise n’est à l’abri. Puisque ce ne sont pas seulement celles qui sont soi-disant en difficulté qui licencient mais que la plupart font des bénéfices énormes.

Les mesures proposées par le gouvernement sont dérisoires : quelques gesticulations pour tenter d’avoir l’air moins complice du patronat, mais surtout sans gêner celui-ci. L’augmentation de la prime de licenciement ? Elle passera d’un dixième de mois de salaire par année d’ancienneté, à un cinquième. Cela permettra à un travailleur ayant vingt ans d’ancienneté de partir avec quatre mois de salaire au lieu de deux. En fait la mesure gouvernementale est tellement ridicule que Riboud, le patron de Danone, se permet d’expliquer que lui fait déjà cinq fois mieux puisque « chez nous, avec vingt ans d’ancienneté, on part avec de quatorze à vingt mois de salaire ». Jospin et Guigou cinq degrés en-dessous du licencieur numéro un du moment. Ils se fichent de nous.

Il faut l’interdiction pure et simple des licenciements.

Impossible ? C’est bien sûr ce que veulent faire croire les patrons. Au XIXe siècle il était « impossible » d’interdire le travail des enfants. Au XXe siècle il était « impossible » d’établir la journée de huit heures ou les congés payés. Pourtant ça a été fait… quand les travailleurs l’ont imposé par un mouvement d’ensemble et la grève générale.

Alors, quand en ce début du XXIe siècle ils nous disent qu’il est « impossible » d’interdire les licenciements, nous savons ce qu’il nous reste à faire.

Ce « tous ensemble » indispensable, il faut le préparer. Un peu partout les travailleurs réagissent. Après la manifestation avec les LU de Calais, le 21 avril, de nouvelles initiatives sont annoncées en particulier dans les entreprises directement menacées. Les Dim à Autun le 9 mai, les Marks § Spencer à Londres le 17, les Moulinex à Alençon le 19… Le Parti communiste propose une nouvelle manifestation, la CGT annonce une journée d’actions le 22.

Toutes ces initiatives vont dans le bon sens. Mais chacun comprend que si nous n’engageons pas le combat tous ensemble nous serons licenciés les uns après les autres.

Les travailleurs LU-Danone de l’usine de Ris-Orangis ont lancé un appel à tous les syndicats, toutes les confédérations syndicales, tous les partis politiques et toutes les associations de chômeurs pour l’organisation d’une manifestation unitaire à Paris, prochaine étape de la mobilisation pour l’interdiction des licenciements.

Travailleurs, quelle que soit notre appartenance politique ou syndicale, il nous faut exiger de toutes les organisations qui se disent soucieuses des intérêts des salariés, et en premier lieu de nos syndicats, qu’elles répondent à l’appel des LU-Danone et de tous ceux qui sont menacés de licenciement.