Convergences révolutionnaires

Site de la fraction L’Étincelle

Accueil > Éditos de bulletins > Il faut une riposte aux « mesures » de Jospin !

URL : https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Il-faut-une-riposte-aux-mesures-de-Jospin

Il faut une riposte aux « mesures » de Jospin !

mardi 17 avril 2001

« Croissance ! Reprise ! Baisse du chômage ! » C’était les principaux thèmes de toute la campagne menée par les médias et un gouvernement très satisfait de lui-même, il y a quelques mois seulement. Les travailleurs n’ont pas eu à attendre longtemps pour constater ce que signifiaient ces slogans : LU-Danone, Marks & Spencer, maintenant Valeo et AOM… Certes, du point de vue des bénéfices des grandes entreprises, la croissance est belle. Mais la traduction pour nous, ce sont les plans de licenciement.

Alors brusquement, le gouvernement s’inquiète. Pas pour les milliers de travailleurs menacés de perdre leur emploi, mais pour lui : après la contestation de la gauche plurielle aux dernières municipales, il veut rattraper son « image » avant de prochaines aventures électorales. C’est pourquoi Jospin a mis en scène, jeudi 12 avril, une annonce de tout un train de mesures prétendument « sociales ».

En réalité, ces mesures sont une nouvelle marque de mépris envers le monde du travail. En guise de projet de loi sur le contrôle des licenciements économiques, le gouvernement propose, au milieu de phrases complètement creuses (« renforcement des efforts de reclassement… », « plus grande exigence en terme de réindustrialisation … ») le « renchérissement du coût des licenciements pour les entreprises qui font du profit ». Du vent ! Même une mesure aussi innocente que l’autorisation administrative de licenciement, qui avait été supprimée par Chirac en 1986, les socialistes s’étaient bien gardés de la rétablir. Si le gouvernement osait aujourd’hui augmenter un tant soit peu les indemnités de licenciement (ce qui reste à voir), il s’arrangerait bien pour reverser largement ces sommes aux patrons, par un des mille canaux qu’il utilise déjà pour les arroser. Ce n’est certainement pas cela qui retiendrait les coupeurs de têtes des grands groupes de sabrer leurs effectifs si leurs actionnaires y trouvent encore leur compte.

Pour faire un lot, Jospin a sorti quelques autres mesurettes, pour la plupart déjà annoncées, sur « l’insécurité » ou la « qualité de l’air »… tout un symbole.

C’est tout. Epuisé sans doute par tant de générosité, le gouvernement ne promet rien pour les salaires, à part peut-être le traditionnel « coup de pouce » sur le SMIC au 1er juillet. Les travailleurs de la fonction publique en particulier n’auront rien, sauf le droit d’encaisser les « 35 heures » au premier janvier 2002 sans aucune augmentation d’effectif, mais grâce à des « gains d’efficacité » et par « l’aménagement du temps de travail », c’est-à-dire à une détérioration des conditions de travail, comme partout.

Ce chapelet de mesures minables montre au moins une chose : l’inquiétude du gouvernement – et, derrière lui, du patronat qu’il défend – devant le risque de montée du mécontentement des travailleurs. Car il n’y a pas que les manifestations des LU et Marks & Spencer ; il y a eu la grève des cheminots et la mobilisation des sages-femmes, qui se disent « au bord de la crise de Kouchner », et réclament elles aussi une revalorisation de leur salaire et une reconnaissance de leur statut ; 31 réseaux de transports publics se sont mis en grève le jeudi 12 pour réclamer le droit à la préretraite à 55 ans. Et devant la surdité du ministre de la fonction publique depuis les grandes manifestations de mars, les fonctionnaires pourraient bien ressortir dans la rue.

Montrons aux patrons comme au gouvernement qu’ils ont raison de s’inquiéter, que les travailleurs pourraient bien les obliger à lâcher plus que des mesures bidons. Pour cela, réagissons ensemble.

Un premier rendez-vous, c’est la manifestation à Calais, samedi 21 avril, avec les LU : faisons en sorte qu’elle ne soit pas une « journée de la bonne conscience » sans lendemain, mais une première étape de la mobilisation générale.