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Oui à l’appel des ouvriers de LU-Danone !

lundi 2 avril 2001

Danone annonce la fermeture de ses usines de Calais et de Ris-Orangis, et des licenciements dans d’autres usines du groupe. Dans le même temps, les magasins Marks & Spencer, l’équipementier américain Delphi, et bien d’autres comme Dim, Bosch, Bull, annoncent des plans de milliers de licenciements.

Il faut ‘rendre du cash’ aux actionnaires, 21 milliards de francs d’ici à la fin mars 2002, dit le responsable de Marks & Spencer. Il vaut mieux licencier ‘quand tout va bien’, déclare cyniquement celui de Danone. Tout cela, histoire de faire monter les actions, comme l’avait fait Michelin avant eux…

Jospin a protesté pour la forme contre Marks & Spencer (sur la ‘méthode’ uniquement), mais n’a rien dit de précis pour Danone (qui vient de recevoir des subventions publiques !). Quant à prendre des mesures pour leur interdire de licencier, moins question que jamais. Suite au désaveu de l’électorat ouvrier à la gauche plurielle aux dernières municipales, Jospin a l’aplomb d’affirmer qu’il va ‘maintenir son cap’, et même mettre ‘du vent dans les voiles’ de sa politique. Sa politique au service des capitalistes.

Alors, ras-le-bol ! Ras-le-bol des licencieurs, des profiteurs, et de tous leurs lèche-cul au gouvernement. « Ça chauffe sur le front social » dit la radio. Oui. Cela commence à chauffer sérieusement dans bien des endroits : à propos des retraites, des salaires, des conditions de travail, et bien sûr des licenciements. Cela chauffe chez les conducteurs de bus, les traminots, les cheminots, dont bon nombre ont continué de faire grève au-delà des journées d’action tournantes appelées par les syndicats. Mais cela chauffe aussi chez les sages-femmes, ou chez les caissières d’hypermarché d’Auchan ou d’ailleurs, qui ont un salaire de ‘temps partiel’, mais font des journées de dix ou douze heures d’amplitude ! Et chez bien d’autres.

Oui, ça commence à chauffer. Et quand cette ouvrière de Danone, à Calais, ce lundi matin, a appelé toute la population du pays à boycotter ces fichus biscuits Lu qui engraissent les actionnaires de la firme mais mettent au régime patates les ouvrières et les ouvriers qui les fabriquent, nous nous sommes tous et toutes sentis solidaires, du nord au sud du pays, dans toutes les branches, tous les secteurs.

Elle a eu raison, et comment, de s’adresser à tous les travailleurs, de faire appel à la solidarité de tous les salariés, cette ouvrière de Danone. Solidaires, d’abord en boycottant les biscuits LU et les autres produits Danone. Ce serait un bon début, ‘un message fort’ au patronat comme à ses larbins au gouvernement, pour reprendre le jargon de ces gens-là.

Il faut qu’ils sentent, sous les lambris des ministères comme sur les épaisses moquettes des conseils d’administration, que l’ensemble du monde du travail a envie de se retrouver au coude à coude avec les licenciés de Danone.

Oui, travailleurs de Danone, Marks & Spencer, Bosh, Bull, des transports, de l’automobile, des hôpitaux, des services publics, du bâtiment et de tout le reste… même combat ! Même combat pour l’interdiction des licenciements, pour les retraites, les salaires, contre la flexibilité, la précarité, la surexploitation.

Danone s’enrichit et licencie ? Boycott, et d’un ! Répondons à l’appel des ouvrières de Calais ! Mieux : pourquoi pas une manifestation nationale, de tous les salariés, de tous les secteurs, pour l’interdiction des licenciements ? Et de deux ! Une manifestation qui ne serait que le début d’une mobilisation encore plus large et surtout plus dure si les Riboud de tous poils et leurs valets, de droite ou de gauche, ne comprennent pas assez vite. On verrait alors si Jospin continue d’affirmer qu’il veut ‘maintenir le cap’, le cap des profits. On verrait si les PDG, y compris ceux qui se disent de gauche, comme ceux de Danone, et tous leurs pareils, continueraient de se vanter de vouloir mettre le personnel à la porte ‘quand tout va bien’.

Il faut que le gouvernement et les patrons sachent désormais qu’à chaque fois qu’ils frappent des salariés, tous les autres, dans tout le pays, prennent fait et cause pour eux, en attendant de descendre tous ensemble dans la rue.