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Des listes de Lutte Ouvrière pour donner un veto aux candidats des patrons !

lundi 19 février 2001

Ca magouille et ça grenouille dans les états-majors politiques, de droite et de gauche, qui portent la dernière touche à leurs candidatures pour les municipales du 11 mars. Tibéri à Paris, Douste-Blazy à Toulouse ou Aubry à Lille, c’est à qui sèmera à tout vent les promesses. Ils feront ci, ils feront ça… Ils font d’abord leur beurre et leur carrière. Occuper la mairie d’une grande ville est une position avantageuse et qui peut servir de marchepied pour la présidence de la République et la tête du gouvernement, enjeux des élections de 2002.

Et s’ils ont des « ambitions nationales », ce n’est pas pour le bien du peuple. C’est pour satisfaire les appétits des patrons. Cela se pratique déjà à la tête des grandes municipalités qui cèdent la gestion des services publics, assainissement et distribution des eaux, traitement des déchets, transports urbains, restauration des écoles et grands travaux d’équipement aux Bouygues et autres Vivendi. Autant de profits pour le privé, au détriment des budgets dits sociaux qui s’amenuisent.

Mais la vie locale est la réplique des affaires politico-financières nationales où les équipes de droite ou de gauche se relaient au gouvernement pour faire la politique de leurs maîtres du Medef. Il y a de grands licencieurs amis de la droite comme Michelin, il y a de grands licencieurs amis de la gauche comme le patron de Danone… Mais qu’importe puisque tous les gouvernements les aident à profiter et à licencier. Les doublements ou triplements de bénéfices en font foi.

Le gouvernement de gauche qui sévit depuis trois ans, communistes épaulant les socialistes, a lui aussi œuvré contre les travailleurs et les chômeurs.

La loi Aubry sur les 35 heures a donné au patronat le feu vert pour généraliser la flexibilité et la précarisation du travail, la modération voire le blocage des salaires. Ce qui a entraîné une multitude de luttes.

Le gouvernement a donné son quitus au PARE proposé par le Medef, pour obliger les chômeurs à prendre un travail sous-payé.

Le gouvernement n’a pas encore donné son quitus à l’offensive patronale contre les retraites, il attend prudemment que soient passées les élections de 2002 ! Rien ne l’arrêtera, sauf un coup de sang des travailleurs.

Le gouvernement n’a cessé de rogner sur les budgets publics et sociaux, pour faire des cadeaux, subventions ou dégrèvements sociaux et fiscaux au patronat. De telle sorte que c’est l’embellie des profits par la surexploitation du travail.

Et voilà adoptée cette maigre « prime pour l’emploi » de Fabius, que les travailleurs vont payer avec l’argent de leurs impôts, pour épargner aux patrons d’augmenter les bas salaires !

Rien d’étonnant si la société se dégrade. Certes ça déborde de richesse dans les beaux quartiers et derrière les hauts murs des résidences secondaires. Voyez le train de vie des amis de Chirac ou Jospin, par qui les scandales arrivent ! Mais de l’autre côté, il y a de plus en plus de pauvres et l’ensemble des travailleurs vit dans l’incertitude du lendemain. Les politiciens pérorent sur la montée de l’insécurité pour récolter des voix : ils en sont pourtant les principaux responsables. La violence, la délinquance sont liées au manque de perspectives pour les jeunes, à la misère qui touche près de 10 millions de personnes en France. Et si des fils de travailleurs, condamnés au chômage et à la galère, jouent aux bandits et voleurs dans les cités ouvrières, c’est qu’ils prennent pour modèle les faiseurs d’argent facile, les flambeurs de la bourgeoisie qui ont nom Dassault ou Sirven… Ils n’en sont que de pâles miniatures, sauf pour les années de prison dont certains paient leurs exploits.

Les élections du 11 mars prochain ne permettront pas de changer cette chienne de vie. Seule l’organisation des travailleurs et leur riposte générale le pourra, en bouleversant les règles de leur monopoly. Mais dans les villes où seront présentes des listes de Lutte Ouvrière, les travailleuses et travailleurs, en activité, au chômage ou à la retraite, pourront exprimer leur veto à la politique patronale et gouvernementale.