Convergences révolutionnaires

Site de la fraction L’Étincelle

Accueil > Éditos de bulletins > Jeudi prochain, tous ensemble pour nos retraites… mais aussi nos salaires et nos emplois

URL : https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Jeudi-prochain-tous-ensemble-pour-nos-retraites-mais-aussi-nos-salaires-et-nos

Jeudi prochain, tous ensemble pour nos retraites… mais aussi nos salaires et nos emplois

lundi 22 janvier 2001

En général, faire les poches des personnes âgées conduit droit devant le juge. Sauf quand on s’appelle le baron Seillière et qu’on préside le MEDEF, le syndicat patronal.

Car que veut imposer le MEDEF ? Non plus 40, mais 45 années de cotisations pour la retraite à taux plein dans le privé ! Partiraient à 60 ans ceux qui auraient commencé à travailler à 15 ans. Les autres, la grande majorité, auraient le choix : soit s’offrir une retraite privée (par capitalisation), il en faut les moyens. Soit trimer jusqu’à 65, voire 70 ans pour sauver sa pension. Soit plus probablement partir plus tôt avec une retraite sérieusement amputée.

L’arrogance des patrons

Ainsi ce baron Seillière qui affiche avec insolence ses 3 millions de salaire annuel, plus dix millions en stock-options, c’est lui qui veut condamner des millions de gens, après une vie de boulot trop souvent précaire et mal payée, à se serrer encore la ceinture.

Pas question de le laisser faire. Pas question de se laisser impressionner par le chantage du patronat qui menace de ne plus verser une partie de ce qu’il doit pour les retraites complémentaires. Nous avons les moyens tous ensemble de lui faire payer ce qu’il nous doit. Rappelons-nous qu’en décembre 95, quand Juppé a voulu imposer 40 années de cotisations aux employés de l’Etat (au lieu de 37 ½), il s’est heurté à une grève dure des cheminots entraînant les autres services publics. Et qu’il a dû remballer ses projets.

Tout en nous appelant à manifester le 25 janvier certaines directions syndicales semblent quand même prêtes à négocier l’allongement des cotisations. Mais c’est le contraire qui est à l’ordre du jour : ramener tous les salariés à 37 ans ½, comme avant 1993.

Il y aurait un « problème démographique » : trop de retraités, pas assez d’actifs ? Mais ceux qui parlent ainsi se gardent bien de rappeler que depuis 25 ans, et malgré la crise, la richesse de ce pays a augmenté de presque 70% ! Jamais, historiquement, les caisses du patronat n’ont été aussi pleines qu’aujourd’hui.

Même la bouche pleine, les patrons pleurent toujours misère. Ce sont les mêmes, ou plutôt leurs ancêtres, qui en 1936 qualifiaient les congés payés d’utopiques. Ce sont les mêmes qui aujourd’hui continuent à s’attaquer à nos salaires, nos conditions de vie et de travail, nos emplois, alors qu’ils croulent sous les profits. Exemple : le trust alimentaire Danone qui accumule les bénéfices mais veut fermer 10 usines et programme 3000 suppressions d’emplois.

L’hypocrisie du gouvernement

Pour l’instant, le gouvernement fait mine de rejeter les projets du patronat. Méfions-nous : c’était pareil avec le PARE (le système qui permet de forcer un chômeur à accepter un travail sous-payé sous peine de lui sucrer ses allocations). Après quelques mois de coquetteries, le gouvernement a donné son accord.

Jospin vient de trouver le système qui permet de faire semblant d’augmenter un peu, un tout petit peu, les bas salaires… sans que cela coûte un centime au patronat : le crédit d’impôts. Il rendra aux salariés modestes une petite partie de ce qu’il leur a siphonné en taxes sur l’essence et le tabac, en TVA, en CSG.

Michel Sapin, le ministre de la fonction publique, a osé proposer aux fonctionnaires 50F d’augmentation pour 2000, environ 100F pour 2001 et autant pour 2002.

Assez plaisanté : depuis le début des années 80, les salaires du public comme du privé ont encaissé un recul d’environ 2000 F.

L’attitude des confédérations syndicales qui appellent à manifester n’est pas sans ambiguïté. Celle des fédérations du public qui proposent une journée de grève… le 30 au lieu du 25 est encore pire.

Mais justement, c’est aussi à l’adresse des dirigeants syndicaux que la journée et les manifestations du 25 nous permettront d’exprimer notre volonté :