Le 25, tous ensemble pour les retraites !
lundi 15 janvier 2001
Pour s’opposer à l’offensive que l’organisation patronale, le Medef, a lancé contre la retraite à 60 ans, il faudra être nombreux, le 25 janvier prochain à l’appel des syndicats, à débrayer et à participer aux divers rassemblements.
Un plan progressif serait enclenché en 2003 et à raison d’un trimestre supplémentaire chaque année, il conduirait en 2023 à ... une durée minimale de 45 ans de travail, et un âge minimum de 65 ans pour obtenir la retraite à taux plein. Un salarié qui aurait commencé à travailler à 25 ans, serait ainsi à la retraite... à 70 ans !
Le patronat annonce d’ores et déjà qu’il ne versera plus les cotisations au fonds de l’ASF, assurant une partie du paiement des retraites complémentaires. Concrètement, cela devrait se traduire dès avril prochain par une perte de revenu de la retraite complémentaire jusqu’à 22%. C’est le chantage qu’il fait pour faire accepter sa « réforme ».
Les patrons invoquent comme prétexte le vieillissement de la population : les cotisations des salariés en activité ne pourraient plus suffire à terme à financer la pension des retraités. Pourtant la récente expansion économique remplit à nouveau les caisses de protection sociale et elle s’est déjà traduite par l’explosion des profits. Ce n’est pas la fatalité démographique, c’est une politique délibérée.
Le patronat prépare l’avenir ? Oui, mais le sien et sur notre dos ! Car il continuera à pousser vers la porte les travailleurs usés avant l’âge requis pour une retraite à taux plein, pour les remplacer par des jeunes. Le recul de l’âge de la retraite, servira en fait à baisser le montant des pensions… et celui des cotisations patronales.
Ces 20 dernières années, chômage et dégrèvement de charges sociales aidant, le patronat a réussi à réduire la part des salaires dans la valeur ajoutée de 10%. Et il compte bien conserver ces « acquis » antisociaux et même les élargir. C’est dans ce but qu’il mène l’offensive tous azimuts contre les travailleurs : contre les caisses de retraites, mais aussi contre les salaires, contre l’emploi, pour la flexibilité et la précarité du travail.
Même les profits en hausse ne ralentissent pas les plans de licenciements. La presse a ainsi révélé le projet du groupe Danone : 3000 ouvriers à licencier, dont 1700 en France, soit la fermeture de dix usines dont sept en France, la totalité de la branche biscuits. La raison ? Dans cette branche les profits sont de 7,9% pour 10,5% sur l’ensemble de Danone ! Du point de vue d’un patron, cela suffit à justifier licenciements et fermetures d’usines !
Et puis, les patrons voudraient éviter que la reprise n’encourage les travailleurs à exiger des augmentations de salaires. Le gouvernement Jospin partage cette préoccupation et court même au devant. C’est lui qui a mis en place la loi sur les 35 heures permettant le blocage des salaires dans nombre d’entreprises. C’est lui qui a donné son aval au PARE, dispositif mis en place pour contraindre les demandeurs d’emplois à accepter n’importe quel travail à n’importe quel prix, et qui a légalisé des CDD de 18 mois à 5 ans comme contrats de travail. Et ce même gouvernement vient d’annoncer « la prime à l’emploi », un crédit d’impôt pour les bas salaires inférieurs à 1,4 fois le SMIC, dans le seul but d’inciter les chômeurs au travail sans que les patrons aient à augmenter les bas salaires. Le Medef en la personne de Kessler un de ses dirigeants, a apprécié le geste. Et pour cause, c’est autant de moins que les patrons auront à débourser, et autant de profits en plus. L’Etat paye pour promettre au patronat la paix sociale.
Car des grèves sur les salaires, il y en a : des salariés de la Caisse d’épargne aux conducteurs de bus bordelais, des vigiles des Chantiers de l’Atlantique aux livreurs de Pizza Hut, des employés de H&M aux ouvriers de Peugeot Mulhouse. Le 18 janvier ce sont les fonctionnaires qui sont appelés à une action pour les salaires…
La journée du 25 janvier doit être le départ d’une lutte pour faire ravaler au patronat ses projets de remise en cause de la retraite à 60 ans et aussi toutes ses autres attaques : sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail. Tous ensemble le 25, préparons une véritable riposte ouvrière !