A Hue et à dia… ils tournent le dos au communisme !
lundi 18 décembre 2000
Il n’est pas du tout sûr que les travailleurs militants ou sympathisants communistes se soient vraiment retrouvés dans l’image que les dirigeants du PCF ont voulu donner à l’occasion du 80° anniversaire de leur parti. Pas tellement parce qu’ils sont contre l’idée de faire la fête ou parce qu’ils n’aiment pas la musique « Techno », ce qui après tout n’est qu’une affaire de goût. Mais à cause de la démonstration que les dirigeants PCF ont voulu en faire.
Soucieux de rattraper sur le plan électoral le terrain perdu auprès des travailleurs, ils cherchent à l’évidence à plaire aux classes sociales plus aisées et à effacer auprès de celles-ci les restes d’un passé, déjà malheureusement lointain, ceux d’un vrai parti communiste, ouvrier et révolutionnaire.
Ainsi, sur cette lancée ont été organisés au siège du PCF ces quelques dernières semaines, outre la « rave party » du 80° anniversaire, un défilé de mode sous l’égide d’un patron de haute couture, une exposition sur Jésus Christ…
Le plus important dans cette « mutation » du parti – voulue surtout par ses dirigeants – n’est malheureusement pas tant dans cette recherche éperdue des bonnes grâces d’un milieu social qui n’a rien à voir avec les travailleurs et ne veut surtout pas, pour sa plus grande majorité, s’en sentir solidaire. Il est d’abord dans le renoncement à défendre les intérêts de la classe ouvrière, illustré par le soutien et la participation à un gouvernement qui prend des mesures et mène une politique en tous points favorables au patronat.
Quand le gouvernement Jospin sous prétexte des 35 heures accroît la flexibilité et bloque les salaires, quand il s’en prend aux chômeurs en avalisant le PARE, ou quand il privatise les entreprises publiques ou déverse directement l’argent de l’Etat dans les caisses du patronat, il le fait avec la complicité du PCF, avec les ministres du PCF, avec le vote des députés du PCF. Même lorsque ceux-ci font semblant de rechigner et demandent à Jospin – autant demander du lait à un bouc – « une politique plus à gauche ».
Que Robert Hue par ailleurs, 10 ans après la disparition de l’URSS, se permette aujourd’hui de dénoncer ce que fut le stalinisme – cette dictature non pas du prolétariat mais sur le prolétariat – et regrette que le PCF n’ait pas été un des moins zélés à chanter les louanges de ce régime, ce ne sont pas ceux des communistes qui s’y sont opposés depuis plus de 70 ans – et en particulier les « trotskystes » qui ont longtemps été les victimes des calomnies voire des assassinats de la part des « staliniens » – qui s’en plaindront. Même si le « courage » si tardif de Robert Hue, pourtant pas tout neuf dans l’équipe dirigeante du PCF, demeure pour le moins relatif.
Reste que nous travailleurs, avons toujours et encore besoin d’une organisation politique à nous. Nous avons besoin d’un parti qui soit un outil pour défendre nos intérêts à court et à long terme. D’un parti qui sache s’opposer aux attaques du patronat et du gouvernement – et elles ne manquent pas en ce moment, ne serait-ce que, pour les dernières en date, les projets du Medef actuellement en discussion visant à la suppression de la retraite à 60 ans. D’un parti qui lutte en même temps, d’un point de vue plus fondamental, pour l’abolition de l’esclavage salarié, pour la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. D’un parti qui se batte pour une société où les richesses ne seront plus accaparées par une minorité de parasites au détriment de la majorité qui travaille, pour une société qui ne suscite pas périodiquement des crises engendrant le chômage quand ce n’est pas la guerre.
Oui nous avons besoin d’un parti communiste, mais d’un vrai, c’est-à-dire d’un parti ouvrier et révolutionnaire. Et pour cela il faut que tous ceux qui se sentent aujourd’hui toujours communistes – non pas à la façon de Robert Hue et de ceux qui comme lui n’ont plus pour but que d’obtenir des sièges leur permettant de gérer les affaires du patronat et des possédants – se retrouvent ensemble dans une même lutte, et aussi demain dans un même parti.