Convergences révolutionnaires

Site de la fraction L’Étincelle

Accueil > Éditos de bulletins > L’Etat français ne sera pas torturé par son passé, Jospin y veille

URL : https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-Etat-francais-ne-sera-pas-torture-par-son-passe-Jospin-y-veille

L’Etat français ne sera pas torturé par son passé, Jospin y veille

lundi 27 novembre 2000

La torture et les exécutions sommaires pendant la guerre d’Algérie, comme en témoignent encore récemment dans la presse des victimes ou des acteurs, n’ont plus besoin d’être démontrées. Et c’est une autre évidence que les militaires qui ont torturé et procédé à des exécutions, ne l’ont pas fait pour satisfaire leurs seuls penchants sadiques, qu’ils ont obéi aux ordres non seulement de la plus haute hiérarchie militaire mais aussi de ses commanditaires, les politiciens qui siégeaient à l’époque au gouvernement.

Il se trouve encore des généraux comme Bigeard pour nier l’emploi de ces méthodes ignobles, mais il y en a d’autres pour le confirmer. Certains comme Massu en expliquant, à 92 ans, qu’il ne recommencera plus… ou d’autres comme Aussarresses (82 ans) en le justifiant cyniquement.

Une commission d’enquête parlementaire, comme l’a réclamée le Parti Communiste, ne serait donc même pas nécessaire pour faire vraiment la lumière sur les méthodes de l’Etat français durant cette sale guerre, menée contre le peuple algérien en lutte pour sortir de 130 ans d’esclavage colonial.

Elle aurait cependant rappelé les crimes de l’armée française, qui d’ailleurs n’appartiennent pas qu’au passé. Rappelons les massacres bien plus récents dans lesquels l’Etat français a largement trempé. Ceux du Rwanda en 1994 par exemple, où l’impérialisme français a armé le bras des assassins et soutenu le gouvernement des massacreurs. Ou encore, tout dernièrement en Côte d’Ivoire, où le prétendu socialiste Gbagbo, après avoir perpétré un massacre ethnique, vient d’accéder au pouvoir avec la bénédiction du gouvernement Jospin et reçoit maintenant le soutien financier de la France.

C’est d’ailleurs une commission d’enquête parlementaire sur les responsabilités gouvernementales françaises dans les massacres du Rwanda et en Côte d’Ivoire, qui aurait pu lever le voile sur l’ignominie d’aujourd’hui.

Mais que Jospin, Premier ministre d’un gouvernement de gauche, ait refusé la constitution d’une commission parlementaire pour la guerre d’Algérie, sous le prétexte qu’il n’appartiendrait pas « à des instances politiques de faire ce travail », est significatif de la solidarité qu’il veut montrer avec les vieilles comme les nouvelles badernes colonialistes de l’armée. Jospin vient de donner à nouveau le gage que la gauche ne se veut en rien différente de la droite quand il s’agit de gouverner.

Tel était bien le but de Jospin mais pas seulement : il voulait aussi faire la preuve qu’il assumait la continuité du Parti Socialiste. De ce parti qui, avec Guy Mollet en 1956, a envoyé le contingent faire la guerre en Algérie… après s’être fait élire en promettant la paix. De ce parti dont Mitterrand est devenu plus tard le chef, après avoir été ministre dans quasiment tous les gouvernements à l’origine de toutes les guerres coloniales, celle d’Algérie comprise. Ce même Mitterrand qui s’était distingué par des déclarations comme « l’Algérie c’est la France » et « la seule négociation c’est la guerre » et avait pris la responsabilité, en tant que ministre de la Justice, d’envoyer à la guillotine un militant communiste, sans compter tous les militants algériens de l’indépendance, ou soupçonnés tels, passés au préalable par les mains des tortionnaires.

Ce sont pourtant les Jospin et compagnie, fidèles à leurs prédécesseurs, qui prétendent que notre sort ne peut changer qu’avec les élections, et nous font miroiter que nous serons mieux servis avec la gauche qu’avec la droite.

Nous travailleurs, aurions tort, mais vraiment tort, d’avoir la mémoire courte.

Exprimons notre soutien à la lutte des Palestiniens, pour leur droit à un Etat et à vivre sur leur Terre, en manifestant mercredi 29 novembre. Pour Paris, à 18h30 Place Denfert-Rochereau