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Réforme de l’assurance chômage : une attaque contre tous les travailleurs

20 septembre 2022 Article Politique

(Photo : manifestation en juin 2021 à Paris. Copyright : Photothèque Rouge /Martin Noda / Hans Lucas.)

Cette année encore, le gouvernement fait sa rentrée avec son lot de réformes et d’annonces toutes aussi austères les unes que les autres. La « fin de l’abondance » selon Macron, c’est la poursuite des attaques contre tous les travailleurs : retraités, migrants, chômeurs ou salariés… Tout le monde y passe ! Parmi elles, le retour du projet porté par la Première ministre Élisabeth Borne sur l’assurance chômage. Après la mise en place d’une première mouture élaborée à l’été 2019, le gouvernement revient à la charge pour un projet à la « canadienne », avec comme objectif politique de rendre la main-d’œuvre encore plus flexible… au bon vouloir du patronat.

Les chômeurs au travail, à n’importe quelles conditions

La réforme de 2019, qui avait été mise en application progressivement, constituait déjà une aggravation des conditions pour avoir droit aux allocations d’abord, puis une baisse du montant des indemnités appliquée depuis octobre 2021. Elle annonçait déjà la couleur de ce qui se prépare aujourd’hui : ce sont des dizaines de milliers de chômeurs qui ont été exclus du droit au chômage, sans compter tous ceux qui ont vu le montant de leur indemnité journalière descendre en flèche. Et pour cause, il faut avoir travaillé six mois au lieu de quatre pour ouvrir de nouveaux droits aux indemnités. Le calcul des indemnités journalières a été revu à la baisse, défavorisant largement les travailleurs enchainant les contrats précaires qui, pour le même temps de travail, reçoivent moins d’indemnité que ceux étant en contrats longs. Pas besoin de détailler tous les tenants et les aboutissants de la réforme pour comprendre les conséquences sociales que ces mesures ont pour l’ensemble des chômeurs : moins d’indemnités et plus de difficultés pour une ouverture de droits.

Et comme si tout ça ne suffisait pas, le gouvernement entend mettre en œuvre un nouveau projet avec pour changement majeur de moduler, selon les besoins du patronat, le montant des indemnités chômage. Le gouvernement a même réfléchi à adapter les indemnités par région, pour être au plus près des besoins du patronat local. Le rabâchage médiatique sur les pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs comme le transport ou la restauration cet été deviennent pour le gouvernement et les capitalistes le prétexte parfait pour justifier leur nouvelle réforme. Comment se fait-il qu’il y ait encore des chômeurs alors que le patronat a besoin de main-d’œuvre ? On ne veut pas bosser ? Il voudrait donc durcir les conditions du chômage quand le Medef a besoin d’embaucher pour obliger les chômeurs à prendre n’importe quel emploi à n’importe quel salaire, quitte à être plus souple et allonger la durée d’indemnisation quand le patronat n’a plus besoin d’eux. En clair la gestion au jour le jour, méthodiquement calculée, en fonction des besoins du patronat.

Autre nouveauté, la modification du système des cotisations patronales, qui figurait déjà dans le premier projet, mais qui entre en vigueur au 1er septembre. Pour faire mine de décourager le patronat à avoir recours à des contrats courts, le gouvernement a inséré dans la réforme un système de bonus-malus pour les entreprises. En réalité, ces nouvelles cotisations patronales sont basées sur le nombre de salariés que l’entreprise n’a pas réembauché, et ne concernent qu’une partie des secteurs comme la restauration ou le transport. Ce que cela veut surtout dire, c’est qu’une partie des entreprises (selon le journal Les Échos ce seraient plus de 60 % d’entre elles) vont avoir droit à une baisse de ces cotisations patronales, passant de 4,5 % du salaire brut à 3 %.

Travailleurs avec ou sans emploi : même Macron, même patronat, même combat !

La réforme de l’assurance chômage n’est finalement rien d’autre qu’un moyen de pression organisé par le gouvernement pour le patronat visant à faire accepter aux chômeurs des emplois précaires, mal payés, avec une formation réduite voire inexistante pour pousser, quoi qu’il en coute, les travailleurs sur le marché de l’emploi, sans jamais remettre en cause les conditions de travail.

Les attaques contre le droit au chômage sont en fait des attaques contre tous les travailleurs. L’armée de réserve industrielle, comme Marx a nommé les travailleurs privés d’emploi, est utilisée par le patronat comme un moyen de pression contre les travailleurs salariés, pour faire accepter dans les entreprises des conditions de travail continuellement dégradées sous prétexte que d’autres attendraient à l’extérieur pour prendre leur place.

Dans la situation actuelle, où patrons et gouvernement se saisissent de tous les prétextes possibles et imaginables pour nous faire nous serrer la ceinture, il est urgent de mettre en avant nos intérêts et ce dont nous avons besoin ! Partager le temps de travail entre toutes et tous pour ne plus être privé d’emploi ou se tuer à la tâche ; et pour tous les travailleurs, indexer les salaires sur l’inflation. Avec les profits exorbitants que le patronat se met dans les poches, ce n’est certainement pas à nous de payer leur crise !

16 septembre 2022, Mathilda Nallot

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