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Accueil > Éditos de bulletins > 2022 > février > 22

Les bruits de bottes autour de l’Ukraine nous concernent

L’entrée des forces russes dans le Donbass et la surenchère de déclarations et menées guerrières, du côté russe comme américain, autour de l’Ukraine, sont des plus alarmantes. Poutine masse davantage d’hommes et d’engins de mort à sa frontière, tandis que des porte-parole de Biden annoncent une imminente invasion russe de l’Ukraine elle-même. Et les pourparlers – dont Macron s’est fait le champion (campagne électorale oblige) – semblent au point mort. Est-il possible qu’avec ces conflits d’influence dans la région, la population d’Ukraine soit livrée à une guerre pire que celle qui déjà ensanglante l’est du pays, où depuis huit ans des soldats ukrainiens affrontent des « séparatistes » de ces républiques auto-proclamées en 2014 après l’annexion de la Crimée par la Russie et épaulées militairement par Poutine ? Déjà 14 000 morts, combien encore et pourquoi ?

Poutine, insupportable autocrate

Pas de doute qu’il emprisonne voire fait assassiner ses opposants, qu’il cherche à étouffer toute contestation populaire contre une baisse dramatique du niveau de vie. Il est le représentant d’oligarques capitalistes, anciens hauts bureaucrates de l’ex-URSS ou nouveaux riches, qui ont bâti des fortunes tapageuses (certes pas encore au niveau des grandes fortunes américaines ou françaises), en se réappropriant, avec les vagues de privatisation de la chute de l’URSS, les meilleurs morceaux d’un appareil productif bradé.

Biden, suivi de ses alliés européens dont Macron, montre du doigt Poutine au nom de la défense de la démocratie et du droit du peuple ukrainien. En janvier dernier pourtant, quand Poutine a fourni 3 000 soldats au dictateur du Kazakhstan pour réprimer une insurrection ouvrière, les dirigeants américains et leurs alliés n’ont rien dit. À l’été-automne 2020, quand Poutine a apporté son aide au dictateur biélorusse Loukachenko contre une révolte populaire massive, pas davantage de réaction.

Les USA et le choix des armes

Biden assure que les USA n’interviendront pas militairement. Mais ils activent leurs ventes d’armes et installations de bases militaires dans les pays de l’UE et de l’Otan limitrophes de l’Ukraine et de la Russie. Et Biden brandit la menace de nouvelles et fortes sanctions économiques contre la Russie, similaires à celles qui ont étouffé l’Irak ou l’Iran. Une arme dirigée contre la population russe, qui serait à coup sûr durement frappée. Mais une arme aussi contre des alliés occidentaux européens, dont les multinationales et sociétés financières traitent avec la Russie. C’est pourquoi les Macron et Scholz sont moins chauds que leur mentor de Washington à la perspective d’une escalade guerrière. Les USA interdisent déjà la mise en fonctionnement d’une deuxième branche du gazoduc Nord Stream qui relie directement la Russie à l’Allemagne en contournant l’Ukraine. Un bras de fer se joue là aussi. L’Allemagne achète à la Russie quasiment 20 % de son gaz, qui satisfait 50 % de sa consommation. La France couvre ainsi 20 % de ses besoins. Égratigner ces intérêts favorise les firmes de gaz liquéfié américain. Entre amis non plus, pas de cadeau !

Arrêter les bras armés des multinationales

Les rapacités et rivalités économiques s’exacerbent entre « grands » dans le monde – la Chine s’affichant aux côtés de Poutine. Ce bal de vautours capitalistes tourne à la multiplication de guerres et à des menaces accrues de conflits où sont plongés les peuples. L’actualité se focalise aujourd’hui sur l’Ukraine mais les foyers sont multiples. Morts annoncées, vies dévastées. Chaque fois aussi, c’est l’occasion de durcissements politiques – couvre-feux et lois d’exception – pour faire taire les oppositions, bâillonner davantage les travailleurs au nom de la « défense de la patrie ».

Seul un élan de solidarité entre les travailleurs et les peuples, par delà les frontières, peut et doit arrêter ces bras armés.

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