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Menaces sur l’emploi dans l’industrie automobile

Le « capitalisme vert » selon le PDG de PSA

Mis en ligne le 29 octobre 2019 Convergences Entreprises

Carlos Tavares, PDG de PSA était furieux contre les nouvelles normes antipollution édictées par l’Union européenne en décembre dernier (baisse des émissions moyennes de gaz à effet de serre des véhicules neufs : - 37,5 % entre 2021 et 2030). Il s’est encore fait remarquer début septembre au salon de Francfort : « Jusqu’à quand les citoyens européens se laisseront-ils dicter par la pensée unique ce qui est bien ou mal ? » Il ironisait alors sur le risque qui consisterait à « ne plus pouvoir passer ses vacances au-delà d’un rayon de cent kilomètres » (tant les moteurs des actuelles voitures électriques manqueraient d’autonomie).

Seulement voilà, après avoir bien craché sur la voiture électrique, Carlos Tavares demande maintenant à l’État de mettre la main à la poche pour soutenir la conversion à l’électrique et la restructuration du secteur automobile. Il a désormais une conception du « capitalisme vert » : « La recherche de la performance économique est assez écologique puisque frugalité et efficience impliquent une utilisation optimale des ressources humaines, économiques, planétaires… »

Dans un rapport de septembre de l’ACEA (Association des constructeurs européens d’automobiles) qu’il préside, Tavares déclare enfin : « Notre industrie est impatiente de progresser le plus rapidement possible vers une écomobilité zéro émission. Toutefois, cette transition est une responsabilité partagée. De notre côté, nous proposons à nos clients un choix sans cesse grandissant de voitures à motorisation alternative. En parallèle, les gouvernements de l’UE doivent suivre le rythme croissant avec lequel nous lançons ces voitures en augmentant énormément les investissements dans les infrastructures. En outre, ils doivent également mettre en place des incitations à l’achat durable qui soient cohérentes au sein de l’Europe. » [1]

Tout un programme, un cri de guerre des patrons de l’automobile (un que Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault, aurait bien voulu pousser aussi) : faire financer par le contribuable les investissements, les licenciements et surtout profits prétendus « verts » des constructeurs, par des subventions et autres « primes à la casse », le tout avec le soutien de syndicats béni-oui-oui, par le biais d’un prétendu « dialogue social » bien senti.

Anticipant le moindre désir du patronat français, Macron avait déjà annoncé dès avril dernier un « pacte productif ». Mais afin de le rendre palpable, il convenait pour l’occasion de répondre à Tavares en personne. Le 20 septembre dernier, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire est donc venu visiter l’usine de moteurs de PSA Tremery dans l’Est de la France pour faire la promotion de l’électrique. Il a annoncé un plan de subventions d’un milliard d’euros (notre argent donc) pour financer les patrons qui décident de développer la technologie des batteries pour voitures électriques… À quoi servirait un État si ce n’est pas pour rincer le déjà très gros patronat ?

17 octobre 2019, L.B.


Yannick Jadot au secours des constructeurs pollueurs ?

Reçu sur France info le lendemain des élections européennes et fier de ses scores, l’écologiste Yannick Jadot se félicitait de l’alliance Renault-Fiat : pour produire « des voitures propres » disait-il. Depuis l’alliance a capoté, mais on peut être sûr que Jadot sera le premier à soutenir la dilapidation des fonds publics pour engraisser les actionnaires des constructeurs. Combien des groupes comme Renault, PSA et tant d’autres, ont trempé dans le « dieselgate » ? Avec des amis aussi complaisants que Jadot envers les patrons-pollueurs, l’écologie n’a pas vraiment besoin d’ennemis.


[1ACEA, Making the transition to zero-emission mobility, 2019 Progress Report, Enabling factors for alternatively-powered cars in EU, Septembre 2019, page 3.

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