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Grève du nettoyage au technicentre SNCF de Hellemmes (Lille) : Jour 4 - Les patrons jouent la montre, mais les grévistes tiennent bon !

22 juillet 2022 Article Entreprises

4h30

Le piquet de grève mis en place, les huit grévistes d’Elior sur le technicentre SNCF de Hellemmes ont toujours le moral : la grève, c’est pas comme au boulot, on est fatigué, mais en relevant la tête ! Ceux qui tiennent tête à leur direction depuis maintenant quatre jours échangent des plaisanteries avec leurs collègues cheminots de la SNCF, dont certains promettent qu’ils les rejoindront en AG à midi. La journée commence même pour certains grévistes en chantant « l’Internationale, sera le genre humain ».

La grève aux grévistes !

9h

C’est l’heure de se réunir en comité de grève. Cette fois-ci, pas d’huissier, le comité peut pénétrer à l’intérieur du technicentre pour sa réunion. Peut-être que la direction de la SNCF a préféré lâcher du lest en constatant que ses pressions de la veille n’ont pas suffi à démoraliser les grévistes. Deux déléguées syndicales CFDT d’Elior, non élues au comité de grève, tentent de participer à la discussion. Mais les grévistes leur rappellent que ce comité leur appartient et sert à diriger la grève. En réponse, ces syndicalistes leur distribuent un tract à la sortie. La CFDT y explique qu’elle « se désolidarise du comité de grève ». Mais les grévistes restent unis, concentrés sur leur bras de fer avec la direction d’Elior.

Les grévistes et leurs soutiens cheminots face aux tentatives de division

Midi

Les cheminots de la SNCF sont conviés à l’AG des grévistes. Une dizaine d’entre eux répondent présents à l’appel et renouvellent leur solidarité en encourageant leurs collègues du nettoyage à persévérer dans leur lutte. L’un d’entre eux qualifie même leur grève d’exemplaire : « Tant que vous êtes unis et avez la force, personne ne vous fera plier ». La direction de la SNCF n’est pas épargnée, elle qui a fait venir un huissier la veille pour empêcher les grévistes d’entrer sur le site, sans doute par peur que l’AG qui devait s’y tenir ne donne des idées aux cheminots. La CGT cheminots du technicentre est également critiquée pour avoir donné la consigne de ne pas venir se joindre aux grévistes. Les huit grévistes votent à l’unanimité la reconduction de la grève au lendemain. Les pressions de la SNCF et d’Elior ? « On s’en fout, on continue ! », lance une travailleuse en grève.

13h

Les grévistes et leurs soutiens se donnent le temps d’avaler un sandwich. Sur le piquet, on discute activement sur la lutte en cours mais aussi sur ce qui se passerait si tout le monde se mettait en bagarre. On parle de cette société aussi, qui nous semble injuste et où il faut tout le temps se battre : « Avec les patrons, si tu n’ouvres pas ta gueule, tu te fais manger ».

Quand elle le veut, la direction d’Elior sait trouver des salariés !

14h30

Arrivée sur le site d’une salariée envoyée par la direction d’Elior pour remplacer les grévistes. En effet, depuis plusieurs jours que la grève a commencé, la saleté s’accumule et ça commence à se voir ! Des travailleurs Elior d’autres sites ont commencé à venir travailler au Technicentre, sans connaître la raison de leur venue, à savoir : faire les briseurs de grève à leur insu, remplacer les grévistes pour faire du « tape-à-l’œil », c’est-à-dire le minimum de nettoyage pour limiter la casse. Les grévistes expliquent à leur jeune collègue la situation : la direction d’Elior ment à ces collègues et le fait dans le dos des travailleurs ! Mais quand les salariés d’Elior échangent sur leurs conditions de travail, chacun se rend compte que si le travail se fait sur des lieux différents, c’est la même réalité qui se fait jour : surcharge, sous-effectifs et accidents de travail.

Bientôt une semaine de grève

Face au patronat qui refuse pour le moment d’accepter les revendications principales des grévistes, à savoir des embauches et le 13e mois, et à certains syndicalistes qui cherchent à négocier un protocole de fin de conflit dans leur dos, les grévistes entameront le vendredi 22 juillet leur cinquième jour de grève. Leur lutte tient bon et leur moral aussi ! Et leur combat est significatif pour tous les salariés du technicentre, de leurs collègues cheminots aux salariés du nettoyage (SMP) employés par d’autres sous-traitants. Car au fond les revendications sont les mêmes : partout, les équipes sont trop maigres pour supporter la charge de travail. Sans parler de la stagnation des salaires et l’inflation ! Comme les grévistes l’écrivaient sur leur tract de la veille : « Même usine, même combat ! »

Correspondants, le 21 juillet 2022.

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