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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > mai > 23

Flambée des prix, explosion des profits : notre colère est sans bornes

Le suspense entretenu autour du remaniement ministériel n’aura intéressé presque personne. Élisabeth Borne est certes femme et Première ministre mais son parcours, son équipe et ses idées ne sont pas de première fraîcheur. Capitaine zélée de la bourgeoisie, classée à gauche pour avoir respiré le même air que le socialiste Jospin, sa spécialité c’est la régression sociale. La réforme de la SNCF c’est elle, la RATP aussi. Mais elle sait aussi jouer de la flûte comme l’atteste son passage invisible au ministère de la Transition écologique. Et son équipe ? Côté « transition énergétique », une fille de magnat du pétrole ayant déjà sévi au ministère de l’Industrie, cela promet ; par ailleurs, des habitués de l’argent facile, un autre qui n’entend pas quand une femme lui dit non, et puis des politiciens de droite sans date de péremption. Et au milieu de cette liste de vainqueurs sans qualités, un ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, qui sert juste de caution et hélas de défouloir pour l’extrême droite. Quant au programme, on peut juste dire qu’avec ceux-là le passé ne peut pas être pire que l’avenir !

Une inflation mondiale

Un cirque gouvernemental minuscule, bien loin des problèmes dans lesquels une majorité de familles des milieux populaires se débattent. L’Organisation internationale du travail estime qu’à l’échelle mondiale les prix montent de 9,2 %. Et si l’Argentine a vu une inflation sur un an de 58 %, la Turquie de 70 %, l’Iran a vu le prix de la farine augmenter de 500 %.

L’Europe n’est pas en reste, on le constate toutes et tous, puisque les experts annoncent une progression à deux chiffres, 10 % minimum cette année. En même temps, la spéculation bat son plein sur les céréales, le pétrole, les armes, et pas seulement. On assiste, et ce n’est pas nouveau, à un braquage en plein jour puisque depuis la pandémie, selon une étude d’Oxfam, le monde compte un milliardaire de plus toutes les 26 heures et un mort en raison de la misère toutes les quatre secondes.

Leurs calculs, nos choix

Leur société ne marche pas, leur économie non plus, et ils voudraient qu’on paie la note ? Près de 120 centres hospitaliers du pays sont dans l’impossibilité de fonctionner normalement, le personnel exsangue exige des embauches. Ailleurs, dans le tourisme, on fait venir de Tunisie des travailleurs pour les payer une misère avec des horaires scandaleux. La presse nous annonce une baisse du chômage mais nous constatons tous une hausse de la pauvreté, des retraites de misère, des allocations minables. Pourtant, ici et là, des hommes et des femmes, souvent dans des entreprises prestataires, des boîtes de transport, de nettoyage, dans l’agroalimentaire, se battent pour des hausses de salaire. Et parfois gagnent. C’est la voie à suivre, qui gagnerait en force si ces luttes étaient coordonnées, animées et dirigées par la base, avec des objectifs communs. Qu’y gagnerons-nous ? D’abord la dignité, l’envie de se faire respecter ensemble et unis. Et puis aussi la conscience de notre force.

Préparer la fin du saccage social

Les prix montent et les salaires sont bloqués, la catastrophe est là, alors quelles solutions ? Obtenir des primes ? Cela ne dure qu’un temps. Baisser les taxes ? Ça déplace le problème sans le résoudre avec des pirouettes fiscales. Des lois ? Les bourgeois s’en moquent. Non, en premier lieu, il faudrait imposer par la lutte que chacun puisse vivre décemment, et, toutes et tous autant que nous sommes, travailler moins, et autrement.

Vaste programme, mais nous n’avons pas le choix. Dans l’urgence, il faudrait imposer le blocage des prix des produits de première nécessité, des loyers, l’augmentation automatique et immédiate des salaires et allocations en fonction de l’inflation. Et pour cela les travailleurs et la population organisée devraient mettre le nez dans ce qu’on nous cache, en assurant la transparence et la surveillance permanente de l’économie au service du plus grand nombre.

Et s’il faut renverser la table pour être entendus, pas de souci : les prix montent, notre colère aussi, ils ont des millions, mais nous sommes des millions.

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